Zina Malas, Libanaise de 24 ans, partage son expérience difficile d'installation à Montréal dans un entretien avec Business Insider. Elle évoque un profond sentiment d'isolement et des défis professionnels qui ont finalement conduit à sa décision de quitter le Canada. Née et élevée au Liban, Zina a décidé de fuir les traumatismes de son enfance, marquée par la guerre et les conflits, en s'installant à Montréal en 2022. "J'étais désespérée de quitter le Liban. Vivre là-bas était un combat. J'avais l'impression d'avoir perdu ma jeunesse, et j'étais prête à accepter un salaire minimum," confie-t-elle aujourd'hui.

Cependant, la réalité qui l'attendait s'est révélée particulièrement éprouvante. Le marché de l'emploi, qu'elle pensait être accessible, s'est avéré "absolument horrible". Malgré son expérience en marketing, médias et en développement commercial, Zina a soumis environ 200 candidatures sans succès.

"Certains recruteurs m'ont dit que je n'avais pas la bonne expérience. Je ne sais pas si c'était à cause de mon parcours libanais ou non canadien, mais j'avais l'impression que mon passé professionnel ne comptait pas,"
témoigne-t-elle.

Le contraste avec le Liban est saisissant : dans son pays d'origine, une simple candidature via Instagram pouvait mener à un entretien le lendemain.

Mais le problème ne résidait pas uniquement sur le plan professionnel. "J'avais imaginé y rencontrer plein de gens et vivre la meilleure période de ma vie, mais mes attentes n'ont pas été satisfaites. De plus, je ne supportais pas le froid," ajoute-t-elle. Au Liban, le tissu social est dense; chaque sortie avec un ami pourrait rapidement déboucher sur de nouvelles rencontres. À Montréal, les interactions sont plus superficielles et l'individualisme de la culture canadienne ne fait qu'amplifier son sentiment de solitude.

Le coût de la vie à Montréal constitue également un obstacle majeur. Bien que son salaire soit convenable, Zina se retrouve "sans aucune marge" après avoir réglé son loyer, ses factures et ses courses. Cela lui confirme que la sécurité matérielle ne garantit pas nécessairement le bien-être. Même si le travail au Canada est bien structuré et équipé de moyens modernes – "j'ai été très surprise de recevoir un MacBook et un téléphone professionnel" – le sentiment d'impersonnalité et le manque de sens demeurent.

Finalement, Zina est retournée à Beyrouth en septembre 2025, où elle a créé sa propre entreprise, Tawlé Consultancy, qui accompagne les sociétés en difficulté au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. "J'ai lancé l'entreprise au Canada, mais travailler depuis l'Occident me semblait étrange, comme si je dictais aux gens quoi faire à distance. Maintenant, je peux m'asseoir avec eux, les aider à trouver de nouvelles idées et sentir que j'ai une influence réelle," explique-t-elle.

Ce contraste est révélateur : malgré les instabilités politiques, le Liban offre à la génération de Zina un environnement où les interactions humaines sont plus riches. Ainsi, Zina Malas met en lumière l'envers du rêve canadien : si la sécurité physique et le confort matériel peuvent sembler attrayants, cela ne remplace pas la chaleur humaine et les opportunités d'épanouissement. Elle conclut avec une prise de conscience profonde de son identité : "Je suis trop libanaise pour vivre ailleurs."