HUMEUR. Terminer un sandwich en toute hâte après une course entre midi et deux, c'est l'image actuelle du bien-être au travail. Une étude récente révèle que 50 % des entreprises de plus de 1 000 employés ont intégré une culture sportive dans leur politique interne.
À Notre-Dame-de-Lorette, un quartier d'affaires parisien, se trouve le restaurant Jean Bart. Lieu auparavant rempli de déjeuners traditionnels, il est désormais envahi par des salariés en tenue de running qui s'élancent à la sortie de leur entreprise, chronomètre à la main. Un changement de paradigme étonnant.
Ce phénomène de course à pied en milieu professionnel se renforce chaque année, devenant un nouvel espace de communication entre les différents services. "Rassemblez vos équipes autour d'un défi sportif audacieux sous les couleurs de votre entreprise !", écrivent les organisateurs de marathons.
La mode du jogging, née aux États-Unis à la fin des années 60 avec le best-seller "Jogging" de Bill Bowerman, cofondateur de Nike, a pris une ampleur inédite. Avant cette époque, courir sans raison semblait absurde. Aujourd'hui, la menace est bien différente, elle peut se cacher derrière un tableau Excel ou une réunion de dernière minute.
À fond la forme au travail
Avec l'augmentation des métiers de bureaux et les risques de sédentarité, le sport est perçu comme un antidote à l'anxiété moderne, accessible et rentable. Un partenariat récent entre Decathlon et plusieurs entreprises a révélé que 58 % des entreprises estiment nécessaire d'intégrer des activités sportives au sein des structures. Le résultat ? Plus d'une société sur deux a déjà franchi le pas.
Dans les échanges de groupes WhatsApp, les dossards de semi-marathons subventionnés par les entreprises sont souvent en lice. Les profitant, les coureurs se rencontrent pour s'entraîner dans le cadre de leur "team building" au stade Jean-Bouin, échappant parfois à la réalité de leur quotidien.
Un collectif sur Strava
À Paris, la course s'organise aussi via l'application Strava, où les runners du déjeuner échangent leurs performances. Peu importe les obstacles, comme un feu rouge ou un groupe de touristes, le mouvement est constant, épicé par l'odeur des pots d'échappement de bus RATP.
Comme le chantait Joe Dassin, "Dans Paris à vélo, on dépasse les autos". En ce moment, les coureurs finissent leur pause déjeuner à 13h30, le temps de reprendre un sandwich au bureau. C'est ainsi que se dessine le nouveau visage du bien-être au travail.







