Jean Messiha, soupçonné d'avoir encaissé 42.000 euros d'une cagnotte destinée aux veuves des agents pénitentiaires décédés lors de l'évasion de Mohamed Amra, a finalement restitué les fonds, rapportent les avocats des plaignantes.
Me Matthieu Chirez, avocat de l'une des veuves, Sandrine Le Hay Moello, a déclaré dans un communiqué transmis à l'AFP : "Jean Messiha vient enfin de restituer les fonds aux veuves Moello et Garcia." Il a cependant exprimé son regret que ce retour de fonds ait été motivé par la mise en cause pénale de M. Messiha, aggravée par une intense couverture médiatique. "Cela reste plus cynique, et ne modifie en rien l'infraction pénale dénoncée", a-t-il ajouté.
De son côté, Me Pauline Ragot, l'avocate de Mary Garcia, a fait remarquer que ce remboursement était fort tardif, n'intervenant qu'après l'annonce d'une plainte pénale pour abus de confiance. "Ces actes sont clairement établis et relèvent désormais de l'autorité judiciaire", a-t-elle précisé.
Me Gérald Pandelon, représentant de M. Messiha, a confirmé le remboursement intégral des 42.000 euros. Il a également cherché à défendre son client, soutenant que l'accusation d'abus de confiance était infondée, n'ayant pour preuve qu'une méprise, selon lui. "Mon client a subi un lynchage médiatique en 48 heures. La présomption d'innocence est en péril dans notre société", a-t-il déclaré.
Jean Messiha se trouve sous le poids de diverses plaintes accusant son appropriation des fonds destinés aux veuves à la suite de l'évasion de Mohamed Amra en mai 2024. Sandrine Le Hay Moello a été la première à porter plainte, le 21 mai à Paris, une déclaration confirmée par Me Chirez et relayée par le quotidien Le Parisien.
Mary Garcia, aussi veuve d'une des victimes, a ensuite rejoint cette action en justice, renforçant les accusations d'abus de confiance contre M. Messiha.
Sur Facebook, Jean Messiha a précisé que la plateforme GoFundMe avait commis de graves erreurs techniques. "L'intégralité de la somme indûment prélevée sera reversée aux familles", a-t-il promis, mais sa déclaration n'a pas suffi à dissiper les soupçons pesant sur lui.







