Ce mercredi, trois hommes se retrouvent devant le tribunal correctionnel de Toulon pour une affaire hors du commun. Ils sont accusés d'avoir dérobé quinze singes-écureuils au jardin zoologique de la Londe-les-Maures en janvier 2024. Ces animaux, particulièrement appréciés des collectionneurs et qui peuvent atteindre des prix élevés sur le marché noir, ont suscité une grande inquiétude.
Les faits se sont produits lors d'une nuit de janvier, où les suspects, âgés de 19 à 30 ans, ont brisé l'abri où ces saïmiris étaient gardés, s'emparant des animaux à l'aide d'une pèle et d'une épuisette dénichées sur place. L'enquête menée par la gendarmerie du Var, avec le soutien de la police des Bouches-du-Rhône, a permis leur arrestation quelques jours plus tard à Marseille.
Une vente rapide sur les réseaux sociaux
Les voleurs n'ont pas tardé à proposer les saïmiris à la vente via des plateformes sociales, rendant la récupération des animaux encore plus difficile. Lors de l'intervention des forces de l'ordre, seul un singe a pu être retrouvé, découvert caché dans une cave marseillaise. Quatre autres individus ont été récupérés peu après, un d'eux ayant même été retrouvé dans l'Aisne.
Maître Séverine Dauzon, avocate de la structure zoologique, souligne le choc que cette situation a provoqué au sein du zoo : "C'est un traumatisme, car nos animaux vivent dans un environnement soigneusement contrôlé. Le mâle dominant ne peut même plus être réintégré dans son groupe après son retour, ce qui a créé une situation délicate pour le clan."
Malgré le sort des cinq singes retrouvés, il reste encore dix saïmiris manquants, et selon les experts, il est fort probable qu'ils soient déjà partis à l'international, possiblement en Espagne où la législation sur la détention d'animaux protégés est moins stricte. Maître Dauzon ajoute : "Ils peuvent atteindre des valeurs allant de 2500 à 3000 euros, et certains montent même à 7000 euros sur le marché clandestin." Cette affaire soulève des questions sur la protection des espèces et le commerce illégal d'animaux sauvages, un sujet qui prend de plus en plus d'ampleur en France et dans le monde entier. Selon une enquête menée par l’ONG WWF, le trafic de faune sauvage est un fléau qui nécessite une vigilance accrue de la part des autorités.







