Dans une première encyclique marquante, Léon XIV met en lumière les menaces posées par l'intelligence artificielle (IA). Cette lettre, véritable testament théologique, s'inscrit dans une tradition papale riche, à l'instar de Rerum Novarum de Léon XIII, qui a façonné la doctrine sociale de l'Église, ou Tutto Fratelli de François, qui plaidait pour une approche sans frontières.
Dans Magnifica Humanitas (magnifique humanité), se penche sur l'IA et son impact anthropologique. Le pape exprime des regrets concernant l'esclavage dans l’histoire de l'Église, tout en soulignant le danger d'un nouvel esclavage par une technologie dénuée de sens moral, soumis uniquement à l'éthique de ses créateurs.
Concurrence divine ?
Le pape montre une prise de conscience nécessaire sur un sujet qui interpelle de nombreux acteurs contemporains, y compris ceux de l'IA, qui se questionnent sur la conscience et l'intériorité de leurs créations. À ce titre, la présence d'un représentant d'Anthropic, connu pour ses propositions d'une IA humaniste, lors de la présentation de l'encyclique au Vatican, est révélatrice.
L'IA influence aujourd'hui tous les aspects de notre existence et remet en question notre vision de l'humanité. Pour la première fois, l'homme a conçu une technologie capable d'évoluer et d'agir de manière autonome. Léon XIV met en garde contre les conséquences de cette avancée : l'accessibilité croissante des outils de guerre, contrôlés par une IA qui peut prendre des décisions létales sans intervention humaine. Cela soulève la question de la légitimité de l'IA comme concurrente directe de la divine création.
Vers un moratoire ?
Cependant, le pape ne propose pas d'éliminer l'IA, bien au contraire, il souligne ses avantages indéniables. Il ne se positionne pas en technophobe.
Pourtant, bien que son analyse soit pertinente, les solutions évoquées semblent manquer d'originalité. Selon le Vatican, il est crucial de réguler les technologies, redonner du pouvoir aux États et réduire l'influence des entreprises privées. Il exhorte également à éduquer les jeunes à ce nouveau monde. En somme, le pape cherche à contrôler l'IA, à la libérer des logiques de compétition et de profit. Cela semble logique, mais il n'indique pas de méthode pour y parvenir. Ces recommandations rappellent plutôt les discours de nombreuses ONG. Une omission regrettable demeure : la violence et l'avidité ne sont pas des créations de l'intelligence artificielle. Ce que l'IA révèle, c’est une nature humaine complexe et souvent défaillante. Le véritable défi serait de transformer cette nature pour qu'elle serve le bien commun.
Une chronique diffusée sur Sud Radio
Léon XIV dénonce les dangers de l’IA : "Le pape semble oublier un détail : l’appétit de richesses ne sont pas une invention de l’intelligence artificielle".
Pour approfondir, rejoignez Elisabeth Lévy au micro de Patrick Roger lors de la matinale.







