En plein épisode de canicule, des centaines de voyageurs ont connu une journée cauchemardesque dans un TGV et un Ouigo immobilisés au nord de Lyon. Kévin, sapeur-pompier volontaire en Provence, a partagé son récit avec ICI Provence, offrant un aperçu de la situation chaotique qui s'est déroulée.
Kévin, âgé de 38 ans et membre du Groupe de Secours Catastrophe Français, était en route depuis Lille-Flandres et devait rejoindre Avignon à 17h. Malheureusement, il s’est retrouvé bloqué jusqu’à 22h, témoignant d’une défaillance totale dans la gestion de la situation.
Des wagons à 60 degrés
Selon son témoignage, les conditions à bord étaient insupportables. "J'ai échangé avec des pompiers qui se trouvaient sur place, et il a été rapporté que les températures à l’intérieur des wagons atteignaient les 60 degrés". Après une heure d’angoisse, les portes des wagons se sont enfin ouvertes, permettant aux voyageurs assoiffés de sortir de cette fournaise. Des gendarmes ont apporté des packs d'eau, mais la situation restait tragique : "Les enfants en bas âge hurlaient de désespoir, assoiffés et épuisés par la chaleur," relate Kévin.
Un sentiment d'incompréhension planait sur la situation. "Aucun message n’a été passé au micro, et le personnel était presque absent, laissant les voyageurs dans l'incertitude," a-t-il ajouté avec indignation.
Des promesses vides
Après avoir patienté pendant près de 8 heures, les passagers ont finalement reçu des kits alimentaires comprenant de l'eau, une compote et une salade en boîte aux alentours de 23h. "Comprendre que l’approvisionnement d’un train à l’arrêt est complexe est une chose, mais dans un contexte de chaleur extrême, des réserves d'eau devraient être anticipées," a souligné Kévin.
Colère des passagers
Le trajet a touché à sa fin lorsque Kévin a atteint la gare d'Avignon à minuit et demi, soit un retard total de 7h20. La SNCF a finalement promis un remboursement à ses passagers, un geste considérable face à une expérience qu'ils n'oublieront pas de sitôt. De nombreux familles, dont des enfants, étaient présentes à bord durant cet incident malheureux. Les retours de week-end de Pentecôte, jumelés à des défaillances de réseau, ont exacerbé cette situation.
Experts et voyageurs s'accordent à dire que la SNCF aurait pu prévoir cette défaillance, sachant que des réparations avaient été effectuées la veille, sans garantie de leur efficacité face à de telles chaleurs. Une question cruciale demeure : comment a-t-on pu laisser autant de passagers en souffrance ?







