Deux concerts de Jean-Luc Lahaye, reconnu coupable de corruption de mineur et mis en examen pour viol, sont attendus dans les municipalités gérées par le Rassemblement National (RN) d'Hénin-Beaumont et de Billy-Montigny. Le collectif féministe NousToutes exprime son indignation face à la « complaisance des élus du RN », demandant l'annulation de ces événements controversés.
En parallèle à l'affaire Patrick Bruel, accusé par plusieurs femmes de violences sexuelles, et leurs concerts annulés au Canada, une mobilisation croissante en France oppose également la tournée de l'artiste, prévue pour le mois de juin. Si Bruel est pris d'assaut par la critique, Jean-Luc Lahaye n'est pas en reste, notamment dans ces villes pas-de-calaisiennes pourtant propices à un débat éthique. Contrairement à leurs homologues d'autres bords politiques, les élus RN semblent dignes de confiance pour maintenir ces concerts, une attitude que dénonce le collectif NousToutes.
Le premier concert est prévu le 29 mai au Théâtre de l’Escapade, un lieu récemment sous contrôle municipal. Le second est programmé pour les festivités du 14 juillet. « Nous dénonçons la complaisance des élus du Rassemblement national envers ces personnes condamnées dans des affaires de pédophilie », a affirmé le collectif sur ses réseaux sociaux. Les justifications avancées par le RN en réaction à cette épreuve suggèrent une profonde ignorance des conséquences émotionnelles sur les victimes.
Une symbolique dévastatrice pour les victimes
Yanis Gaudillat, élu à Billy-Montigny, s'est exprimé fin avril, en affirmant que « Lahaye a payé sa dette à la société » et a minimisé l'impact de nouvelles accusations. Des propos qui révèlent une insensibilité aux traumatismes des victimes. À l’inverse, Marine Le Pen défend l’idée de présomption d’innocence, clamant avoir « quelques principes » en matière juridique, un point de vue qu’elle applique également à Bruel.
« Empêcher ces concerts reviendrait à condamner quelqu’un avant que la justice ne se prononce », explique-t-elle dans une interview accordée à BFMTV-RMC. Pourtant, il est crucial de souligner que Jean-Luc Lahaye a déjà été sanctionné pour des infractions graves par le passé, incluant une amende de 10 000 euros suite à des relations avec une mineure de 15 ans.
Ce « choix grave », dénonce le collectif, représente non seulement une violence symbolique pour les victimes de violences sexistes et sexuelles, mais aussi un message désastreux pour la société. NousToutes souligne l’importance de défendre la parole des victimes et de rejeter toute forme de complicité avec des figures controversées. Le collectif appelle à une mobilisation sociale et féministe contre cette décision, refusant de voir des espaces culturels devenir des lieux de banalisation des violences faites aux femmes et aux enfants.







