Alors que la Banque de France tire la sonnette d'alarme sur la flambée des fraudes en 2025 (+37%), le tribunal correctionnel d'Amiens se penche sur l'escroquerie au faux coursier. Trois jeunes hommes, âgés d'une vingtaine d'années et originaires des Hauts-de-Seine, sont jugés en liberté sous contrôle judiciaire. Ils ont été appréhendés fin mars pour leur implication dans ce schéma frauduleux.
Les faits remontent à avril 2025, avec un préjudice total atteignant 10.000 euros. Les gendarmes ont mis en lumière plusieurs cas similaires à Montdidier, Abbeville et Corbie. Bien que les montants ne soient pas exorbitants, une dizaine de victimes, principalement des retraités, sont encore sous le choc de cette expérience traumatisante. Un sentiment de honte les habite, révélant leur vulnérabilité.
"On se sent coupable quelque part. On a été fragilisé. Cela n'arrive pas qu'aux autres, et il faut être vigilant aujourd'hui," confie Vincent (nom d’emprunt), rappelant son interaction avec une fausse conseillère bancaire de la Société Générale. "Elle connaissait notre compte dans le détail. J'y ai cru, même les plus malins se font avoir."
Le mode opératoire des arnaqueurs
Après avoir réussi à établir sa crédibilité, l'escroc incite Vincent à faire opposition à sa carte bleue et à la découper en prévision qu'un complice se présente pour la récupérer. Une fois en possession de la carte, les malfaiteurs peuvent effectuer des paiements en ligne ou sans contact, même sans le code secret.
"J'ai eu la chance de me rendre compte de l'escroquerie à la dernière minute, lorsqu'un coursier s’est présenté chez moi. Il avait une carte de la banque à son nom, mais je n'ai pas cédé," ajoute-t-il. Aya (nom d’emprunt) témoigne également : "Ils sont très bien formés. Ils parlent comme de véritables conseillers bancaires et connaissent vos opérations."
Dans certains cas, la méfiance a permis d'éviter le piège. "J'ai appelé la gendarmerie avant d'ouvrir la porte, et ils m'ont immédiatement alertée. Les escrocs ont disparu vite fait !" raconte une autre victime.
Un climat de méfiance généralisé
Malgré l'absence de pertes financières, ces victimes restent marquées. "Je suis devenu méfiant comme jamais. Désormais, je n’ouvre plus à quiconque sans prendre une photo," déclare Vincent. Aya ajoute : "On en souffre, surtout après avoir pris conscience de notre vulnérabilité. Les cauchemars continuent."
Un an après ces événements, des questions demeurent : "Comment ces informations ont-elles pu fuir de la banque ? Y a-t-il un complice à l'intérieur ?" En effet, l'enquête met en avant des suspects déjà connus des services de police pour des infractions variées. Ils encourent jusqu'à dix ans de prison, tout en étant présumés innocents.







