La sortie de Picardie Splendor : les aventures de François Ruffin député-reporter suscite une vive controverse au sein de La France insoumise. Depuis sa publication le 7 mai, plusieurs élus et militants de gauche dénoncent des illustrations jugées racistes et paternalistes, accusant le député de la Somme de mettre en avant une posture de sauveur blanc.
Racisme, paternalisme et mythe du sauveur blanc
Les critiques se concentrent sur une scène dans un train, où François Ruffin intervient lors d'un contrôle policier impliquant une passagère noire. Cette représentation est perçue comme caricaturale par de nombreux internautes et élus, qui évoquent une vision stéréotypée des personnes racisées, appelant ce phénomène le sauveur blanc (voir France Culture pour plus de détails).
Emma Fourreau, eurodéputée insoumise, dénonce cette bande dessinée qu'elle juge « bourrée de racisme et de paternalisme ».
"J’entends que ces images peuvent blesser"
Dans un entretien avec Libération, François Ruffin défend son œuvre, la qualifiant d'« humanitaire », tout en reconnaissant son inconfort face à certaines illustrations qu'il juge potentiellement blessantes. « Ce n’est pas moi. Jamais je ne me comporterais comme ça », admet-il, en faisant allusion aux déclencheurs de cette polémique.
Cette controverse réactive des tensions, déjà existantes, entre Ruffin et LFI sur des questions d'immigration et d'antiracisme. Le député, qui a récemment distancié ses liens avec le mouvement insoumis après les élections législatives de 2024, défend une approche qu'il considère humaniste. « Mon antiracisme est un peu estampillé années 90, comme le slogan 'Blacks, blancs, beurs', et cela transparaît sans doute dans ma BD », concède-t-il auprès de Libération, tout en se questionnant : « Est-ce que cela fait de moi un raciste ? Non. »







