Le mardi 19 mai, de nouvelles informations éclaboussent l'affaire des laits infantiles contaminés. Selon une enquête menée par la cellule investigation de Radio France, en partenariat avec la RTS et la RTBF, il apparaît que Nestlé a procédé à des retraits 'silencieux' de produits contaminés dans plusieurs pays européens avant le rappel mondial fixé au 5 janvier 2026.
Comment Nestlé a-t-il réussi à retirer de manière discrète ses laits pour bébés, pourtant porteurs d'une toxine potentiellement dangereuse pour les nourrissons ? C'est ce que révèle l'enquête de la cellule investigation de Radio France. Selon leurs sources, la multinationale a tardé à alerter les autorités sur la contamination, bloquant même les produits concernés dans ses usines.
D'après des informations relayées par Le Monde, la présence de la toxine aurait été identifiée dès fin novembre 2025, alors que le premier rappel officiel a été effectué le 11 décembre. Malheureusement, des lots contaminés avaient déjà été commercialisés, et des retraits systématiques ont été constatés dans plusieurs grandes enseignes en Autriche et en Allemagne à partir du 24 décembre.
Des rappels silencieux de Danone à partir de la fin janvier
Pour les produits de Danone, également sous surveillance, les rappels se sont produits plus tard, le 30 janvier 2026. Là aussi, le rappel mondial avait été déclenché le 5 janvier. Selon des déclarations du ministre de l'Agriculture allemand, des produits de Danone ont déjà été retirés des rayons depuis le 24 janvier, dans le cadre d'une procédure discrète.
Les trois médias impliqués ont reconstitué une séquence de défaillances ayant permis à des laits pour bébés, potentiellement néfastes, de rester sur le marché trop longtemps. D'une manière générale, les rappels se sont avérés lents et, une fois déclenchés, Nestlé a dû faire face à des décisions draconiennes, interdisant l’expédition de centaines de milliers de boîtes à travers l’Europe.
Plus de 800 000 pots de laits infantiles bloqués dans une usine française
Parmi les usines concernées, celle de Boué, dans l'Aisne, a dû stopper l’envoi de 838 000 boîtes. La RTBF indique que la direction départementale de la protection des populations (DDPP) a saisi la justice française pour examiner cette situation. Cette information a été confirmée par le parquet de Laon, qui a transmis l’affaire au parquet de Paris le 16 mars.
L'affaire commence également à susciter l'attention du monde politique en France. Ce mardi 19 mai, des députés rendent les conclusions d'une mission flash chargée d'étudier les causes, conséquences et implications de la contamination des laits infantiles.







