La dune du Pilat, véritable trésor de la Gironde, est au cœur d'un conflit entre petits propriétaires et le Conservatoire du littoral. Expropriés à un tarif défiant toute logique, certains propriétaires ne comptent pas se laisser faire.
Depuis 1988, le Conservatoire du littoral acquiert progressivement des terrains sur ce site emblématique afin de garantir une meilleure gestion écologique et un accueil adéquat pour les visiteurs. Toutefois, ces acquisitions ne se font pas sans heurts. Jusqu'en 2012, les autorités locales devaient demander la permission aux propriétaires pour réaliser des travaux d'accès, comme l'escaliers menant au sommet.
Une expropriation controversée depuis 2016
La situation a pris une tournure légale en 2016 lorsqu'une déclaration d'utilité publique a été émise par le préfet de la Gironde. Cette déclaration a permis d'exproprier des propriétaires afin d'acquérir les terrains nécessaires pour le projet de préservation. Les Ripoche, un couple d'héritiers, se retrouvent au cœur de cette tourmente suite à l'héritage d'une parcelle partagée entre plusieurs membres de la famille.
« C’est un bien non délimité, une mosaïque complexe d'héritages », explique Joëlle Ripoche dans un entretien avec Sud Ouest. Pour eux, ce terrain représente bien plus qu'un simple bien immobilier ; c’était aussi l'aire de jeux de leur père, un espace chargé de souvenirs.
Une offre d'indemnisation jugée insuffisante
Après leur expropriation en mai 2021, Joëlle et Daniel refusent l'indemnité de 8 361,53 euros proposée, évaluée à 50 centimes le m². Ils soulignent que leur parcelle est stratégique, car elle est en partie le chemin d'accès au célèbre escalier de la dune. De plus, ils mettent en avant qu’une parcelle similaire, bénéficiant d'un meilleur emplacement, a été indemnisée à 5 euros le m².
La famille Ripoche a porté l'affaire en appel, ayant été déboutée lors du jugement en première instance. La prochaine audience est prévue pour le 20 mai.
Ce combat met en lumière les défis auxquels sont confrontés de nombreux petits propriétaires dans la région, témoignant d’un véritable attachement à leur patrimoine face à des décisions administratives jugées injustes.







