À l'approche de l'anniversaire de l'évasion de Mohamed Amra, une affaire tragique ayant coûté la vie à deux agents pénitentiaires à Incarville, l'attention se tourne vers des sujets tout aussi captivants. Ce mercredi 13 mai, l'un des avocats du narcotrafiquant a déclaré sur ICI Normandie que son client n'était pas informé du projet d'évasion.
Le coup d’envoi des fêtes Jeanne d’Arc aura lieu ce jeudi 14 mai 2026 à Rouen, coïncidant avec la sortie du livre de Valérie Toureille, intitulé Les Compagnons de Jeanne d'Arc, publié récemment aux éditions Tallandier. Spécialiste du Moyen Âge à Cergy Paris Université, elle souligne que peu d'études ont été consacrées aux hommes qui entouraient l’héroïne, une lacune qu'elle s'efforce de combler. La chercheuse témoigne qu'elle a voulu les présenter sous un jour nouveau, les qualifiant de "groupe d'hommes de guerre" qui ont soutenu Jeanne dans son combat singulier.
Dans une déclaration à ICI Normandie, elle explique : "Jeanne d'Arc a combattu en compagnie d'hommes qu’elle n’aurait jamais dû croiser, représentant deux mondes totalement opposés. D'une part, une simple paysanne et de l'autre, des nobles habitués au champ de bataille." Cette dualité représente la richesse et la complexité de l'époque.
La condition féminine a constitué un obstacle pour Jeanne, note Toureille, qui affirme : "Elle aurait dû être freinée par son statut de femme, d'autant qu'elle était jeune et célibataire. Sa décision de ne pas se marier était guidée par sa volonté de rester pure, car elle se considérait comme une messagère divine." L’historienne fait également référence à d'autres femmes présentes sur le champ de bataille, qui ne ressemblaient pas à Jeanne : "C’étaient souvent des épouses, des cantinières ou des prostituées, mais Jeanne brillait par sa mission sacrée."
Le rôle de la religion
Comment Jeanne a-t-elle réussi à convaincre ses compagnons d'armes de la suivre ? Selon Toureille, "c'est la dimension religieuse de son message qui lui a permis de persuader ces artisans de guerre qu'elle était la clé de la victoire tant convoitée dans une période critique pour la France." Bien qu’elle ait accompagné une petite troupe, elle n'était pas la commandante, précise-t-elle : "Nombre de capitaines menaient leurs propres contingents, Jeanne faisant simplement partie de cette armée."
Enfin, Toureille évoque le climat de résistance qui prévalait à Rouen, alors sous occupation anglaise : "Tous les Rouennais n'étaient pas hostiles à Jeanne ; au contraire, elle recevait le soutien du peuple, comme en témoignent les récits des chroniqueurs qui évoquent l'effroi suscité par son exécution." Jeanne d'Arc fut finalement brûlée vive à Rouen en 1431, après un procès en hérésie orchestré par Pierre Cauchon, évêque de Beauvais.







