Les produits alimentaires au CBD seront proscrits dès le 15 mai, entraînant des répercussions significatives pour l'économie locale. Selon BFMTV, la Direction générale de l’alimentation (DGAL) applique la réglementation européenne sur les "Novel Food", visant à contrôler les aliments sans antécédent de consommation au sein de l’UE.
Les huiles, tisanes, bonbons et autres produits contenant du cannabidiol vont disparaître des rayons. Anciennement tolérés sous certaines conditions, l'administration a désormais informé le secteur qu'« il n’y aura plus aucune tolérance ». La DGAL précise qu’en raison de l’absence d’autorisations adéquates, ces articles ne peuvent continuer d’être commercialisés.
Réactions des professionnels
La décision suscite la colère du secteur : Paul Maclean, membre de l’Union des professionnels du CBD, qualifie cette mesure de « complètement aberrante ». Selon lui, « on peut consommer du CBD, mais ne pas sous forme alimentaire, ce qui n'a pas de sens ». Il met en lumière le risque de fermeture imminent pour plus de 2 000 boutiques, souvent situées en plein cœur des villes.
Les conséquences sont particulièrement préoccupantes pour la filière agricole. La Confédération paysanne estime que cette interdiction représente une « menace directe pour la filière » du chanvre, contribuant également à fragiliser de nombreux producteurs et circuits courts de distribution. Les coûts associés aux démarches d'autorisation semblent souvent inaccessibles pour les petits exploitants.
Actuellement, les produits alimentaires représentent environ 40 % du chiffre d’affaires des magasins de CBD. En réaction, l’Union des professionnels du CBD évoque la possibilité de recours juridiques. À ce jour, la DGAL n’a pas succinctement commenté la situation, tandis que le ministère de l’Agriculture a promis une communication dans les jours à venir.
La législation entourant le CBD en France a oscillé entre clarté et ambiguïté. Rappelons qu’en 2021, une tentative d’interdiction des fleurs de CBD a été annulée par le Conseil d’État fin 2022, qui a reconnu l'inexistence d'une justification fondée sur le droit européen. Ainsi, la vente de fleurs de CBD avait été en partie rétablie depuis, tant que les produits respectaient les conditions légales. Il est important de noter que le CBD, en soi, n’est pas considéré comme un stupéfiant, car il ne génère pas les effets psychotropes du THC.







