Les forces armées chinoises traversent une crise sans précédent alors que les anciens ministres de la Défense, Wei Fenghe et Li Shangfu, ont été condamnés à mort avec un sursis de deux ans pour des accusations de corruption. Cette décision, rapportée par l’agence de presse Xinhua, témoigne de la ferme volonté du président Xi Jinping de purger l’armée des éléments corrompus.
Les forces armées ont été ciblées depuis 2012 dans une vaste campagne anticorruption, axée sur la nécessité d’assainir l’image de l’Armée populaire de libération (APL). En 2023, cette vague de purges a touché la Force des fusées d’élite, chargée des armes nucléaires, un signe clair de la volonté de Xi de rétablir l'intégrité au sein des hautes sphères militaires.
Cette année, la situation s’est détériorée avec la destitution de Zhang Youxia, le plus haut gradé de l’APL, ancien soutien de Xi, ce qui souligne un climat de méfiance croissant au sein du parti. D’après les rapports de Xinhua, Li Shangfu aurait empoché d'« énormes sommes d'argent » en pots-de-vin, tandis que Wei a été accusé d'avoir accepté également des biens précieux et d'avoir facilité des promotions illicites.
Une somme d'argent et des objets en pots-de-vin
Les enquêtes menées sur Wei en 2023 indiquent qu’il a accepté des pots-de-vin importants et a aidé des collègues à obtenir des avantages injustes dans leur carrière, comme l’a précisé Xinhua en 2024, qualifiant ses actes de « extrêmement graves » et de très nuisibles.
En Chine, une peine de mort avec sursis peut être commuée en réclusion perpétuelle si le condamné reste en conformité avec la loi durant cette période. Ainsi, si Wei et Li ne contreviennent pas aux règles durant leur sursis, ils pourraient être emprisonnés à vie sans espoir de libération. L’histoire récente a montré que certains anciens ministres, comme Fu Zhenghua, condamné en 2022, ont subi la même fate de commutation de peine.
Le journal officiel de l’APL a exhorté les membres du parti à tirer des leçons de ces affaires, mettant en garde contre le risque d’un « système de loyauté partagée » qui pourrait compromettre les fondements du parti communiste au pouvoir.
La peine la plus sévère dans l’histoire récente
Le Quotidien de l’Armée populaire a demandé aux officiers de se servir de Wei et Li comme d’exemples de ce qu’il ne faut pas faire. Les préjudices engagés par ces deux hommes envers le parti, la défense nationale et l'image des dirigeants ont été qualifiés de significatifs.
James Char, spécialiste en sécurité chinoise basé à Singapour, a déclaré que cette peine représentait la plus sévère jamais infligée à un membre de la Commission militaire centrale. Char souligne que cette décision illustre la gravité des infractions de Wei et Li, généralement réservées aux crimes d'une extrême gravité.







