Près de 400 pages destinées à "sauver l'audiovisuel public" selon Charles Alloncle, mais perçues par certains comme une menace. La publication de ce document, attendu lundi soir ou mardi matin, pourrait bouleverser le paysage médiatique français.
Cette commission d'enquête, formée il y a six mois au sein de l'Assemblée nationale, a examiné de près "la neutralité" et "le financement de l'audiovisuel public". Adopté par un vote serré de 12 voix contre 10, le rapport a provoqué de vives réactions à travers le milieu politique. Jérémie Patrier-Leitus, président de la commission, a souligné l'importance de rendre les conclusions publiques pour permettre aux citoyens de juger des méthodes de l'extrême droite (source : Le Monde).
Charles Alloncle, député de l'Union des Démocrates et Indépendants (UDI), qui craignait une censure, célèbre quant à lui la transparence qu'il espère voir se mettre en place concernant l'utilisation des fonds publics. La date officielle de publication reste incertaine, Alloncle ayant indiqué ne pas avoir le dernier mot sur ce timing, comme le rapporte l'AFP.
La commission d'enquête a été initiée en réaction à l'affaire Legrand-Cohen, où des journalistes avaient été accusés de collusion avec le Parti socialiste suite à la diffusion d'une vidéo compromettante. De nombreuses recommandations du rapport Alloncle ont fuité, proposant des coupes draconiennes au sein de France Télévisions, un véritable plan d'austérité qui pourrait réduire le portefeuille étatique de l'audiovisuel de plus d'un milliard d'euros.
Parmi les mesures phares, la suppression de France 4 et France TV Slash serait envisagée pour réallouer les ressources vers une nouvelle offre sur France.tv et les réseaux sociaux. La fusion de France 2 et France 5 pour donner naissance à une grande chaîne généraliste est également dans les cartons. Du côté de l’audio, le rapport suggère la dissolution du Mouv', la station de Radio France consacrée au hip-hop.
Le député Alloncle souligne que ces économies, équivalentes à un quart des crédits dédiés par l'État à l'audiovisuel public, viseraient à améliorer le patrimoine de l’État et contribuer à réduire la dette du pays. D'autres recommandations incluent la mise en place d'une neutralité stricte pour les figures de l'audiovisuel et la reprise des nominations à la tête de France Télévisions et Radio France par l'Élysée, un retour jugé par certains comme celui à l'ORTF, un modèle contesté par François Ruffin (La France Insoumise).
Parallèlement à ces annonces, des tensions émergent concernant les implications de ces réformes pour l'image et l'indépendance de l'audiovisuel public, certaines voix s'élevant contre les méthodes employées par Alloncle. Erwan Balanant (MoDem) a pointé les outrances et attaques jugées déplacées dans le rapport. La socialiste Ayda Hadizadeh a même évoqué la possibilité de plaintes pour diffamation, notant cependant que l'immunité parlementaire protège Alloncle.
Les partis de gauche, notamment les écologistes et les Insoumis, dénoncent des mensonges et un pamphlet idéologique, tandis que l'aile droite du spectre politique, avec le Rassemblement National, évoque la privatisation de l'audiovisuel public comme une option d'avenir (BFMTV). "Demain, notre gouvernement s'engagera pour une privatisation", a déclaré Jordan Bardella (RN), un discours qui suscite des réticences chez de nombreux acteurs politiques.
En réponse à cette controverse, Catherine Pégard, ministre de la Culture, a promis une accélération des réformes de l'audiovisuel public tout en maintenant une "grande ambition". Ce climat d'incertitude et de tensions promet de laisser des séquelles durables, surtout à l'approche des élections présidentielles de 2027.
Le rapport Alloncle sera suivi de près, tant par les acteurs du secteur qu'à l'extérieur, pour évaluer les conséquences de ces réformes audacieuses sur l'avenir de l'audiovisuel public en France.







