Le ministère de la Transition écologique a ouvert ce vendredi un guichet national d’aides exceptionnelles pour lutter contre le frelon asiatique, mais avec un budget de seulement trois millions d'euros. Cette somme est bien éloignée des 120 millions d'euros demandés par les acteurs de la filière apicole, témoignant d’un déséquilibre criant entre les besoins et les moyens proposés.
Apparu en 2004 en France, le frelon asiatique est devenu l'un des principaux fléaux pour la biodiversité, notamment pour les abeilles. En effet, il est responsable de près de 20 % de la mortalité des abeilles domestiques, entraînant des pertes économiques d’environ 12 millions d'euros par an pour le secteur apicole, largement supérieures aux aides gouvernementales accordées.
« Comment voulez-vous qu'on agisse avec trois millions d'euros ? », s'interroge Patrick Granziera, secrétaire général de l'Union Nationale de l'Apiculture Française (UNAF). En Dordogne, par exemple, les apiculteurs ont dépensé plus de 200 000 euros rien que pour détruire les nids de frelons au cours de l'année écoulée.
Le syndicat demande une enveloppe de 120 millions d'euros pour pouvoir véritablement protéger les abeilles et sauvegarder la filière apicole. Actuellement, seuls 15 % des nids de frelons sont détruits, alors qu'il faudrait atteindre 95 % pour espérer réduire significativement leur nombre dans les cinq prochaines années. La reproduction de cette espèce invasive est extrêmement rapide, un nid pouvait donner naissance à cinq autres l'année suivante.
Des astuces à adopter pour piéger efficacement
Pour aider à la lutte contre ces frelons, il est recommandé d'installer des pièges dans les jardins. Toutefois, les apiculteurs mettent en garde contre l'utilisation de bouteilles en plastique remplies de bière et de sirop de grenadine, qui attirent également d'autres insectes bénéfiques. « Avec une telle méthode, on risque de piéger des mouches, des papillons, et des moustiques qui sont cruciaux pour l’écosystème », souligne Luc Rigal, administrateur au sein du syndicat.Il est préférable d'opter pour des pièges sélectifs, disponibles dans le commerce, ou même de confectionner un piège maison. L'association d'entraide apicole varoise propose un tutoriel pour créer ce type de piège. Pour un maximum d'efficacité, les pièges doivent être installés à un mètre du sol, près d'un point d'eau et d'arbres en fleurs. Plus l’intervention est rapide, mieux c'est, car les reines commencent à sortir dès février-mars, impactant les ruches dès le début de l'été.
Patrick Granziera insiste sur l’importance cruciale de cette lutte : « Si le frelon se développe, cela met en danger non seulement la filière apicole, mais également l’ensemble de la pollinisation, avec des conséquences économiques colossales pour nos agriculteurs. » En effet, l'ampleur de l'invasion pourrait nécessiter des investissements de plusieurs milliards d'euros à l'avenir.







