Le tribunal correctionnel de Chartres a prononcé le 24 avril la relaxe d'un homme de 52 ans, Cédric, faussement accusé d'avoir tenté d'empoisonner son père, pensionnaire de l'EHPAD de l'Hôtel-Dieu. Son avocat, Me Jean-Christophe Basson-Larbi, envisage désormais d'intenter une action contre l'État pour « détention arbitraire ».
Cédric, ancien cadre supérieur, diplômé de l'ESSEC et ayant exercé comme diplomate au Brésil et en Côte d'Ivoire, s'occupait de son père, Daniel, atteint de la maladie de Parkinson. Le 23 janvier 2026, la situation a basculé pour Cédric lorsqu'il a découvert son père attaché à une chaise. « On le traitait comme un chien, par commodité », confie-t-il, soulignant un manque de personnel dans l'établissement. Dans un élan de compassion, Cédric a décidé de détacher son père pour l'aider à marcher en interrompant la morphine. Mais son geste fut rapidement interprété par le personnel médical comme une menace criminelle. Deux jours plus tard, il est arrêté dans des conditions violentes : « Trois policiers m'ont plaqué sur un capot, menotté », raconte-t-il, encore sous le choc.
Un séjour en prison marqué par la violence
Après 48 heures de garde à vue, Cédric fut incarcéré pour « tentative d'administration de substances nuisibles », un chef d'accusation qui a été largement contesté par ses avocats. À la prison d'Orléans-Saran, il a dû faire face non seulement à la violence physique mais aussi à des négligences médicales. Victime d'une grave crise d'épilepsie, Cédric a souffert de blessures, notamment une double fracture au tibia, alors que le personnel pensait qu'il simulait. Le traitement l'a plongé dans un isolement total, compliquant davantage les efforts de sa défense.
Parallèlement, sa sœur, avec le soutien de camarades de promotion, a mobilisé des ressources pour garantir une représentation légale de qualité. Ils ont engagé des avocats renommés qui se sont battus pour sa libération.
Une audience pleine de tension
Après trois mois et demi de détention, le verdict tant attendu est enfin tombé. Au cours de l'audience de cinq heures et demie, Me Basson-Larbi a mis l'accent sur le fait que la charge retenue contre son client n'existait pas dans le système juridique français. La tension était palpable dans la salle, avec des échanges animés entre la défense et le parquet.
Vers un recours contre l'État
La relaxe prononcée, Cédric est resté sous le choc de ces nouvelles. Ce n'est qu'après cette annonce qu'il a réalisé qu'il était enfin libre, soutenu par le travail acharné de son équipe d'avocats. Me Basson-Larbi se réjouit de la reconnaissance de l'absence d'infraction par le parquet. « C’est une victoire collective », a-t-il déclaré.
Cependant, Cédric ne prévoit pas de laisser cette affaire s'arrêter là. Son avocat envisage de demander un dédommagement d’au moins 100 000 euros pour cette détention injustifiée, une somme qui, bien qu'importante, ne pourra jamais compenser les conséquences vécues. « La liberté n’a pas de prix », clame Me Basson-Larbi, déterminé à obtenir une réparation complète pour son client.







