REPORTAGE. Depuis décembre dernier, un campement de roms s'est installé dans le sud-ouest de Lille, provoquant l'exaspération des riverains. Malgré le mécontentement, la mairie soutient leur présence sans sembler préoccupée par les résidents alentours.
Aux abords du camp, des déchets s'accumulent sur le sol. Situé sur un terrain d'un collège désaffecté, le campement est entouré d'un grillage. "Leurs véhicules occupent toute la place dans la rue," se plaint un homme d'une soixantaine d'années auprès du site Valeurs actuelles.
Les conséquences de cette installation se font ressentir sur la vie locale ; un petit parc voisin, où les enfants jouaient, ne voit plus aucun jeune. "Maintenant, il n'y a plus que des roms," déplore un habitant. Sa conjointe a même été confrontée à des réactions hostiles lorsqu'elle a tenté de photographier la situation.
Les habitants espèrent un départ rapide des roms, mais la récente direction municipale, sous l'égide du socialiste Arnaud Deslandes, envoie des signaux contraires. Les roms continuent d'occuper le terrain, renforçant les inquiétudes des voisins.
Des accords entre les roms et la mairie
Lors de notre visite, une délégation municipale, comprenant des agents de police, était sur place pour discuter avec la communauté rom. "Nous avons conclu des accords avec eux en échange d'un accès à l'eau et à l'électricité," explique un médiateur sous couvert d'anonymat.
Ces accords imposent des restrictions, telles que le nombre d'occupants. "Dix-sept caravanes ont été signalées au départ, il y en a aujourd'hui vingt-sept," observe le médiateur. La municipalité assure que la police patrimoniale effectue des rondes régulières, cependant, certains résidents rapportent des nuisances nocturnes.
Un habitant nous a envoyé une vidéo de feux nocturnes, liés selon lui à des vols de cuivre. David Morel, délégué des Hauts-de-France du syndicat Alliance Police nationale, confirme avoir enquêté sur des individus du camp pour des affaires de vol.
"Nous ne partirons pas"
Au cœur de la situation, un jeune Roumain affirme qu'il se sent bien ici grâce à la proximité des écoles, en dépit des conditions d'insalubrité notables. "Nous ne partirons pas !" insiste-t-il, seul à se montrer disposé à discuter parmi ses camarades.
La mairie veille à respecter des conditions minimales de dignité pour les occupants, mais elle a également délégué à la Métropole européenne de Lille (MEL) la responsabilité d'éventuelles évacuations. La MEL a déjà engagé une procédure judiciaire pour expulser les roms.
Quelle sera l'issue pour ces familles ? Il semblerait qu'elles n'aillent pas très loin, ayant été auparavant expulsées d'autres lieux de Lille à plusieurs reprises.







