Placée en redressement judiciaire, l'entreprise Polytechnyl fait face à une remise en question majeure, avec l'annonce d'une reprise par un fonds américain. Cette décision ne laisse que 72 postes pour les deux sites historiques du Rhône et de la Drôme, provoquant une onde de choc parmi les effectifs.
Selon La Tribune, cette situation est qualifiée de « tragédie sociale », une nouvelle épreuve pour le secteur déjà fragile de la chimie. Polytechnyl, qui comptait 550 employés, a reçu une offre de reprise du fonds américain Lone Star. Cependant, seule une poignée d'employés sera préservée, ce qui soulève de vives inquiétudes parmi le personnel, présent depuis 70 ans sur ces sites stratégiques.
Auparavant intégrée dans le groupe belge Domo Chemicals, Polytechnyl était spécialisée dans la fabrication de plastiques techniques à base de nylon, destinés à divers secteurs, notamment l'automobile et l'électronique.
Redressement judiciaire
En janvier dernier, l'entreprise a été placée sous redressement judiciaire et n'a reçu qu'un seul candidat pour sa reprise. L'offre du fonds Lone Star, de 10,1 millions d'euros, a été jugée « dérisoire » par les syndicats. Le tribunal des activités économiques de Lyon a validé cette offre, mais elle ne concerne que les brevets et la marque emblématique Technyl.
Malgré un engagement de Lone Star à maintenir l'emploi des salariés repris durant un an, le futur de nombreux employés demeure très incertain. Le tribunal a précisé que les opérations de Polytechnyl ne pourront se poursuivre au-delà du 30 avril en raison de la trésorerie insuffisante pour éviter d'accumuler de nouvelles dettes.
"Les gens sont déprimés"
« On est tous là depuis au moins vingt ans », a déclaré Véronique Buttez, déléguée CGT sur le site de Valence. De nombreux salariés se sentent perdus et désespérés, se demandant quel sera leur avenir. Jean-Claude Garcia, président de CFE-CGC Chimie Dauphiné-Savoie, va même jusqu'à dire que certains auraient préféré une liquidation plutôt que cette offre « lamentable ».
Le maire de Saint-Fons, Hadi Mebarki, exprime également ses préoccupations, dénonçant une « tragédie sociale » mais s'inquiétant aussi des effets collatéraux, notamment sur d'autres usines qui dépendent de Polytechnyl pour leur approvisionnement en chaleur et en vapeur.
Plan de sauvegarde de l'emploi
Les syndicats ont tenté à plusieurs reprises d’obtenir une intervention du gouvernement pour sauver Polytechnyl, mais en vain. « C'est désolant de constater que le gouvernement, affichant pour priorité la réindustrialisation de la France, ne vient pas en aide à une entreprise viable », ont déploré les représentants syndicaux. Dans le cadre d'un plan de sauvegarde de l'emploi, près de 130 postes ont déjà été supprimés depuis l'été dernier.
Actuellement, environ 450 travailleurs sont encore actifs à Saint-Fons, un site présent depuis les années 1950, tandis qu'une équipe d'environ 90 personnes est en poste à Valence. Les prochains mois s'annoncent difficiles pour les employés qui espèrent un retournement de situation.







