Le procès de Claude Salmier, accusé d'avoir tué Martine Delarche, a débuté ce 29 avril devant la cour d'assises de la Gironde. L'homme de 43 ans est sous le coup d'une accusation de meurtre après avoir poignardé la victime à 22 reprises dans son appartement, à Floirac, le 9 août 2022.
Salmier, qui admet être l'auteur du crime, invoque une amnésie. « Je ne me souviens pas », une réponse récurrente, a-t-il déclaré en se concentrant sur le sol, évitant le contact visuel. La présidente du tribunal, Fabienne Roure-Guerrieri, a interrogé Salmier sur son état d'esprit au moment des faits, soulignant la manipulation possible dans ses réponses.
« C’est moi, mais j’étais dans un état second, je n’étais pas moi-même. Je suis revenu à moi quand j’ai entendu Martine crier ‘arrête Ziko !’ »
Les proches de Martine, dont l'accusé disait être la « mère de cœur », ont décrit une relation complexe. Martine, qui avait soutenu Salmier après sa sortie de prison, se serait sentie trahie alors qu'il continuait à envoyer des menaces à son ex-compagne. Des tensions étaient apparues sur son refus de suivre un traitement pour des problèmes liés à l'usage de cannabis.
Analyse psychiatrique : entre trouble et manipulation
Les experts psychiatres, au cours du procès, ont divergé dans leurs opinions. Le Dr Jacques Bertrand a affirmé que Claude Salmier n'avait aucune pathologie psychiatrique chronique, évoquant plutôt une « personnalité borderline ». En revanche, le Dr Jules Sanou a mentionné que l'état de Salmier durant le crime pourrait provenir d'une « ivresse cannabique », renforçant l'idée d'une altération de son discernement.
Une brutalité inouïe
Jean-François Couret, l'avocat général, a qualifié le crime d'un « meurtre d'une brutalité inouïe », insistant sur la responsabilité de Salmier et rejetant toute possibilité d'abolition de son discernement. Après avoir requis trente ans de réclusion criminelle avec deux tiers de sûreté, il a rappelé la douleur laissée dans le sillage de ce féminicide, des circonstances aggravantes qui, selon lui, doivent être retenues.
Le verdict sera rendu ce jeudi, et les proches de Martine Delarche espèrent obtenir justice pour cette femme aimée, décrite comme « extraordinaire » et « généreuse » par ses collègues. « Ils veulent des réponses, la vérité », a déclaré l'un des avocats de la partie civile.
Ce procès soulève des questions profondes non seulement sur la nature du crime, mais aussi sur les dynamiques relationnelles et la santé mentale, défiant notre compréhension des tragédies humaines.







