Nestlé, le géant suisse de l'agroalimentaire, a fait preuve d'optimisme en maintenant ses objectifs pour 2026, en dépit des effets difficiles à prévoir du conflit au Moyen-Orient sur les coûts des matières premières et le climat économique. La société a récemment enregistré une hausse de ses volumes de ventes au premier trimestre, surprenant les analystes et entraînant une hausse significative de son action à la Bourse de Zurich.
Malgré un important rappel de laits infantiles, les ventes de Nestlé ont augmenté, en grande partie grâce à d'autres segments de produits tels que le café, les produits culinaires et les snacks. Philipp Navratil, le nouveau PDG, a affirmé que la stratégie mise en œuvre pour stimuler les ventes commence à porter ses fruits.
À 10H33 GMT, l'action de Nestlé avait grimpé de 6,51%, atteignant 80,46 francs suisses, étant le moteur de l'indice SMI, qui a progressé de 0,95%. Cependant, en raison de la vigueur du franc suisse, le chiffre d'affaires du groupe a connu une baisse de 5,7 % par rapport à l'année précédente, s'établissant à 21,3 milliards de francs suisses, en tenant compte d'effets de change négatifs de 9,3 %.
Bien que la croissance organique ait légèrement diminué à 3,5%, un indicateur souvent scruté par les analystes financiers, les volumes de ventes ont, eux, largement dépassé les attentes avec une hausse de 1,2%. Les experts d'AWP s'attendaient en moyenne à une augmentation de seulement 0,2%.
Jean-Philippe Bertschy, analyste chez Vontobel, a déclaré que "Nestlé montre des signes encourageants de reprise des volumes", un signal que les investisseurs attendent, comme le souligne le rapport de Bloomberg.
Le groupe, qui détient des marques phares comme Nespresso et Maggi, a traversé des tempêtes ces deux dernières années, marquées par un scandale lié à ses eaux en bouteilles et le rappel de produits laitiers dans plusieurs pays. Navratil, qui dirige la société depuis septembre, est sous pression pour restaurer la confiance des investisseurs et des consommateurs.
Avec l'inflation provoquée par la crise ukrainienne, Nestlé a vu ses volumes de ventes affectés, les consommateurs se tournant davantage vers les marques de distributeurs. Dans une récente conférence de presse, M. Navratil a affirmé surveiller attentivement la situation au Moyen-Orient. "La situation est très volatile," a-t-il noté, ajoutant que les répercussions sur leur activité mondiale restent minimes, bien que les incertitudes persistent sur les coûts des matières premières et l'attractivité des consommateurs.
Malgré ces incertitudes, Nestlé maintient des ambitions de croissance pour 2026, visant une augmentation organique des ventes d'environ 3% à 4% et une dynamique positive des volumes. En outre, le groupe prévoit une amélioration de sa marge opérationnelle d'ici la fin de l'année.
Dans le cadre d'un plan de réduction de 16 000 postes annoncé le 16 octobre, Nestlé a également informé qu'elle pourrait envisager de supprimer jusqu'à 180 emplois en France d'ici 2027, dans un pays où elle emploie environ 9 000 personnes.







