Dans des dizaines de communes d’Indre-et-Loire, des couples, des fratries, et des binômes parent/enfant ont intégré les conseils municipaux. Avec pour chacun, une place à trouver.
« J’étais sans doute le moins connu de ma liste. C’est par l’intermédiaire de ma femme que je me suis fait connaître. » Éric Landry, jeune retraité, vient d'être élu maire d’Auzouer-en-Touraine. Il travaillera main dans la main avec son épouse Odile, adjointe aux affaires sociales, une fonction qu’elle a déjà occupée auparavant.
La question se pose : est-ce que M. Landry n’empiète pas sur le terrain de Mme Landry ? « Je n’ai pas cette ambition de devenir maire, je ne fais pas de politique, mais je m’implique pour le bien-être des habitants, » répond Odile avec détermination. L’idée de diriger a pourtant germé chez Éric, ancien conseiller à Pigny, avant leur installation en Touraine en 2007 : « J’ai toujours eu cette envie en moi. »
La mairie, un lien quotidien
Ce couple n'est qu'un exemple parmi tant d'autres. À Joué-lès-Tours, Saint-Pierre-des-Corps, et dans de nombreuses autres communes, les élus partagent des liens familiaux. Évelyne Mondon Delavous, la nouvelle maire de Savonnières, a également réfléchi à ces dynamiques familiales. « Il y a toujours des questionnements, mais l’important est de choisir les personnes en fonction de leurs compétences. Mon mari, passionné d’art et impliqué bénévolement, a su apporter sa légitimité, » explique-t-elle.
Mais comment équilibrer vie familiale et engagements municipaux ? Odile Landry assure que « cela débordait déjà avant », et qu’ils rouleront leur bosse méthodiquement : « Nous sommes sur le terrain chaque matin. Pour moi, c'est essentiel de laisser de l'autonomie à mes adjoints. »
À Noizay, Pierre Morin, réélu en mars, partage également ses fonctions avec son épouse, Ljiljana, qui se concentre sur le lien social et l'éducation. « Nos enfants ont tous fréquenté l'école ici, elle souhaitait s'engager dans ce domaine qui lui tient à cœur, » indique l'édile.
Une association naturelle
Cette pratique familiale touche de nombreuses autres municipalités, y compris à Sublaines avec les frères Jarry, ou à Neuillé-Pont-Pierre où Michel Jollivet partage ses responsabilités avec sa fille. « Quand on est en famille, on aborde tous les sujets, de la mairie aux Sapeurs-Pompiers, » confie-t-il.
À Saint-Pierre-des-Corps, la famille devient même une sorte de standard. Au sein de l’équipe du maire Olivier Conte, les liens familiaux sont nombreux, mais la préfecture surveille ces associations. « Il existe une limite à deux membres de la même famille au sein d'un même conseil dans les communes de plus de 500 habitants, » souligne un représentant de l’administration. Si cela est confirmé, des démissions pourraient être exigées.







