À Roubaix, un homme en train de pêcher à l’aimant a remonté un caïman à lunettes à la surface. L’animal retrouvé sans vie était lesté d’un poids et dans un sac de couchage.
Le 19 avril dernier, lors d’une soirée qui promettait d’être ordinaire, un pêcheur a fait une découverte des plus inattendues : un caïman à lunettes plongé dans le canal de Roubaix, dans le Nord de la France. L’animal, malheureusement décédé, était lesté d’un haltère de 10 kg et enveloppé dans un sac de couchage. "J’ai pris un cutter, j’ai ouvert le sac et là, j’ai vu des écailles, témoigne Belkacem à nos confrères de BFMTV. J’ai eu peur sur le coup, ça sentait mauvais !"
Ce dernier a immédiatement alerté les pompiers qui, à la première mention d’un caïman, ont cru à une farce. "Vous êtes sûr ? C’est pas en plastique ou en fer ?", lui ont-ils demandé à plusieurs reprises.
Contrairement aux premiers rapports qui évoquaient un crocodile, il s’agit bien d’un caïman à lunettes, une information confirmée par la Ligue protectrice des animaux (LPA) de Lille. Le spécimen, pesant environ 10 kg et mesurant près d’un mètre, présente des caractéristiques physiologiques qui pourraient s’expliquer par sa jeunesse ou un problème de croissance, comme l’indique Manon Lepage, référente faune sauvage captive à la LPA. "C’est un animal qui a des besoins spécifiques pour survivre", précise-t-elle.
Une enquête pour maltraitance animale
À la lumière de cette découverte troublante, le parquet de Lille a ouvert une enquête pour identifier les responsables de cette maltraitance animale. Les circonstances entourant cette découverte suggèrent un acte intentionnel ; la dépouille ne présentait aucun signe de décomposition lors de son extraction, indiquant qu'elle avait été immergée récemment. Les autorités cherchent activement le propriétaire du caïman.
Actuellement, le reptile est en chambre froide en attendant son autopsie, prévue pour ce mercredi. Cette analyse vétérinaire devrait permettre de déterminer les causes précises du décès. Manon Lepage souligne que ces reptiles, originaires d’Amérique centrale et du Sud, ont besoin d’installations adéquates, telles qu’un bassin spacieux et des conditions climatiques adaptées, pour se développer correctement.
Il est également essentiel de rappeler qu’en France, la détention d’animaux de cette espèce est strictement régulée par des lois exigeant des certificats de capacité et des autorisations spécifiques. La violation de ces réglementations peut entraîner des pénalités sévères, allant jusqu’à trois ans d’emprisonnement et une amende de 150 000 euros.







