Une démarche unique se déploie à Moyembrie, dans l’Aisne, où une vingtaine de détenus achèvent leur peine loin des murs de prison. Ce projet de placement extérieur leur permet de travailler dans une exploitation agricole durant six mois à deux ans, donnant ainsi un nouveau sens à leur réinsertion dans la société.
Comme l’indique BFM TV, Jonathan, l'un des résidents, exprime sa satisfaction : "Je m’occupe de l'élevage, ça me plaît bien. Ça va faire depuis le 10 mars que je suis là". Ce travail leur permet aussi de sortir l'après-midi, offrant une liberté encadrée au sein d'une ambiance de confiance. "On doit faire un mot, sortir avec un papier pour ne pas se retrouver en état d’évasion. Mais c’est basé sur la confiance, sans bracelet", précise-t-il.
La ferme m’a remis sur le droit chemin
Héloïse Henneveux, co-directrice de l’établissement, souligne les bénéfices de cette initiative : "Je suis plus en sécurité, mes enfants le sont aussi dans une société où j’ai appris aux gens à revivre dignement". Ce lieu devient donc un tremplin pour les détenus, favorisant la confiance en soi et l’intégration sociale grâce à un suivi personnalisé.
La dynamique est éloquentement soutenue par Tarek Daher, délégué général d’Emmaüs, qui gère actuellement cinq fermes similaires en France : "100 % des personnes qui sortent des fermes ont une solution d’hébergement". Cette approche proactive se traduit par un taux de récidive impressionnant : 90 % des anciens détenus ne retournent pas à la criminalité après leur passage en ferme. Certains d'entre eux sont même devenus des encadrants pour aider les nouveaux arrivants, à l'instar d'Olivier Christophe, qui déclare : "La ferme m’a remis sur le droit chemin".







