C'est un chapitre qui se clôt pour le foyer du Gardera, une institution emblématique de l'aide à l'enfance, installée depuis 1962 dans un château à Langoiran. Cette fermeture, survenue fin mars, illustre en creux les difficultés financières du conseil départemental et un virage dans les politiques d'accompagnement des jeunes placés.
Les portes du Gardera, autrefois symbole d'espoir pour de nombreux enfants, se ferment sans grand bruit. La décision témoigne de l'évolution des pratiques au sein du département de la Gironde, qui privilégie aujourd'hui un accueil en milieu ouvert plutôt qu'en institution. "L'internat est remplacé par des solutions plus flexibles et adaptées", expliquent les responsables, soulignant que les besoins d'accompagnement évoluent.
La dans le château du Gardera, une propriété du département, a été transformée au fil des ans. Fondée par le prêtre René Négrét et l'écrivain François Mauriac, l'association du Gardera a évolué pour devenir une Maison d'enfants à caractère social (Mecs), apportant soutien à des jeunes en difficulté. Bien que la fermeture semble passer inaperçue au milieu de la restructuration du secteur, elle pose des questions cruciales sur l'avenir de la protection de l'enfance dans la région.
Une lettre ouverte pleine d'inquiétude
Alors que le foyer du Gardera fermait ses portes, Stéphane Fellonneau, directeur du Dispositif d'institut thérapeutique éducatif et pédagogique (Ditep) Entre-deux-Mers, s'est exprimé par une lettre ouverte. Il a exprimé ses préoccupations pour les jeunes pris en charge, notamment pour un enfant de 11 ans, visiblement vulnérable et ayant fait des progrès notables ces derniers mois. "Ce jeune n'est pas qu'un chiffre sur un budget; il est le reflet d'une réalité complexe qui mérite notre attention", argue Fellonneau.
"Ce jeune est bien plus qu'une simple ligne budgétaire; il incarne l'importance d'une prise en charge adaptée et humaine"
Le Département répondu à cette interpellation, affirmant avoir déjà envisagé des alternatives pour ne pas perturber l'environnement de l'enfant en question. "Une solution a été mise en place, il a été réorienté vers un assistant familial dans la même zone", précise Celine Goeury, vice-présidente du Département.
Budget et nouvelle approche
Dans un contexte de restrictions budgétaires, la nécessité de réformer les structures existantes devient primordiale. "La protection de l'enfance, bien que touchée par ces réductions, est une priorité et nous devons trouver des solutions pour maintenir la qualité des services", souligne Goeury. D'ici le 1er juillet, le département a prévu d'ouvrir 582 places en milieu ouvert, une réponse aux demandes croissantes de soutien aux familles.
Ce tournant vers des solutions d'accueil en milieu ouvert est inspiré par des pratiques éprouvées au Canada et vise à intégrer davantage les parents dans le processus de protection de l'enfance. "Nous voulons que chaque jeune puisse bénéficier d'un parcours dynamique et adapté à sa situation", conclut Celine Goeury.
Cette fermeture met en lumière la fragilité des dispositifs d'aide à l'enfance, déjà confrontés à de nombreux défis financiers. Le syndicat Sud Santé sociaux avait d’ailleurs alerté sur les conséquences potentielles de ces choix budgétaires, y compris le risque de pertes d'emplois au sein des associations. La restructuration en cours au sein du département ne manquera pas d'avoir des impacts durables sur l'écosystème des services sociaux en Gironde.







