Un incident survenu en Angleterre a mis en lumière les nuances culturelles entourant l'appellation 'auntie' (ou 'tata'). Charles Oppong, un homme d'origine ghanéenne, a été condamné par un tribunal londonien suite à des appels répétés à sa collègue Ilda Esteves, qui ne souhaitait pas être désignée de cette manière. Après avoir été reconnue victime de harcèlement, une somme de 1 425 livres sterling (environ 1 636 euros) a été accordée à Esteves pour préjudice moral, comme reporté par The Guardian.
Cependant, l'affaire ne s'arrête pas là. La défense de l'accusé a suscité des réflexions profondes sur la signification culturelle de cette appellation en Occident. Lola Okolosie, écrivaine et professeur, se penche sur le sujet et questionne ce qui est ressenti comme une offense dans ce contexte. Dans la culture ghanéenne, 'tata' est un terme d'honneur destiné à montrer du respect envers les femmes plus âgées, une vision partagée par plusieurs communautés d'Afrique de l'Ouest, des Caraïbes, et d'Asie du Sud.
"C'est un réflexe enraciné : enfant, appeler une personne plus âgée par son prénom était mal vu par nos parents."
Pour ces cultures, qualifier une personne de plus âgée avec des termes tels que 'tante' ou 'oncle' est un signe de politesse et d'appartenance culturelle. Cependant, Okolosie argumente que continuer à utiliser un titre qui a été rejeté ne peut en aucun cas être considéré comme respectueux.
Tensions culturelles et perception occidentale
Dans le milieu professionnel occidental, où la dynamique intergénérationnelle évolue, la notion de 'auntie' est souvent perçue comme dégradante, pouvant signaler un manque de respect envers la compétence d'une collègue. Cela est davantage renforcé par le fait que beaucoup de femmes choisissent de masquer leur âge, en raison de l'âgisme et de la misogynie persistants, observe la chroniqueuse.
Ce phénomène témoigne d'un véritable 'malaise occidental' lié au vieillissement. Les femmes plus âgées souvent ressentent une pression sociale forte pour paraître plus jeunes, comme le souligne Okolosie : 'Dans notre culture, une femme plus âgée semble devoir se justifier sur son apparence.'
Ce débat soulève des questions sur notre perception de l'âge et de la dignité qui l'accompagne. Okolosie rappelle, avec humour : 'J'ai bien mérité mes cheveux gris, tous sans exception.'







