La question se pose : les moniteurs d'auto-école sont-ils tous prêts à assurer la sécurité de leurs élèves ? De nombreux jeunes, à travers les réseaux sociaux, expriment leur frustration vis-à-vis de comportements à risque chez certains d'entre eux.
Une jeune conductrice, qui a obtenu son permis l'année dernière, évoque une expérience particulièrement préoccupante : "Je conduisais et il était sur son téléphone, en train d'appeler des amis pour organiser des soirées. Cela a duré deux heures ! Si quelque chose était arrivé, il n'aurait pas pu réagir à temps. C'est inacceptable !".
D'autres témoignages circulent également, certains alliant humour et inquiétude. "Mon moniteur faisait sa sieste pendant que je conduisais. C'est que je dois être une conducteur assez compétent !", ironise un internaute. Un autre relate une situation plus fâcheuse : "Lors d'un cours, mon moniteur est allé prendre un verre au bar entre deux leçons".
Les abus ne se limitent pas qu'à la négligence. Dans les médias, les histoires de moniteurs au comportement inadéquat sont de plus en plus courantes. Le journal Le Dauphiné a récemment rapporté le cas d'une monitrice flashée à 132 km/h sous l’influence de stupéfiants. De même, Le Parisien a signalé une monitrice assurant des livraisons de cannabis sans même détenir son permis.
Un recrutement simplifié en cause ?
Marie Martinez Le Leizour, directrice de l’auto-école "Le Trèfle" à Conflans-Sainte-Honorine, fait part de son inquiétude face à la simplification du processus de recrutement des moniteurs. "Avant, la préfecture était impliquée dans les jurys d'examen. Aujourd'hui, les centres de formation peuvent choisir et payer leurs examinateurs directement, ce qui ouvre la porte à des arrangements et des abus".
Pour pallier ces dérives, les forces de l'ordre intensifient les contrôles. À Lille, des agents ont procédé à des vérifications ciblées des moniteurs d'auto-école. Un agent a ainsi demandé : "Pouvez-vous nous montrer vos papiers et votre carte professionnelle ?". Ce type de contrôle, bien qu'encore rare, semble nécessaire pour prévenir la fraude.
Selon Cassandre Leblond, commissaire de police, "Des manquements pourraient mener à des sanctions, comme la résiliation de l'autorisation d'enseigner. Il est crucial que ces contrôles deviennent plus fréquents sur le terrain." Sur quatre moniteurs contrôlés ce jour-là, aucun manquement n’a été signalé, mais les syndicats s'accordent à dire que ces vérifications devraient être renforcées.







