Des victimes dans l'angoisse face à la réforme de l'Église sur la pédocriminalité

Les collectifs de victimes s'inquiètent des changements dans l'accompagnement des victimes.
Des victimes dans l'angoisse face à la réforme de l'Église sur la pédocriminalité

"Nouvelle violence", "stupeur", "injustice majeure"... Voilà comment décrivent leur ressenti les collectifs de victimes depuis que l'Église catholique a présenté son nouveau dispositif d'accompagnement fin mars. Adopté lors de la Conférence des évêques de France à Lourdes, ce programme, nommé "Renaître", a suscité de nombreuses inquiétudes.

Les victimes redoutent que cette initiative constitue un "profond recul". Dans une tribune publiée par La Croix, des collectifs affirment que "ce qui a été annoncé sera une nouvelle violence pour les personnes victimes". Ce changement suit l'Inirr, mise en place en réponse aux nombreuses révélations sur la pédocriminalité au sein de l’Église, et qui sera remplacée par un système pérenne dès septembre.

Le nouveau dispositif proposera aux victimes de prendre contact avec des cellules d'écoute au sein des diocèses, qui les orienteront ensuite vers des accompagnants au sein d'un réseau national indépendant. Cependant, ce passage par les structures diocésaines soulève des questions. De nombreux collectifs s'inquiètent que certaines victimes ne soient pas en mesure d'approcher une église, ayant rompu tout lien avec cette institution.

"Comment demander à des personnes de faire confiance à un système qui reste, en partie, juge et partie?", interpelle le collectif Voix libérées de Tours. Cet avis est partagé par d'autres, qui mettent en lumière le risque d'inégalité de traitement selon les diocèses, une préoccupation mise en avant dans la tribune citée précédemment.

En réponse aux critiques, l'épiscopat souligne que les accompagnants seront supervisés par une instance indépendante, tout en vantant la possibilité d'un soutien en présentiel. L’Église a aussi précisé qu'un dépaysement des victimes est envisageable, permettant ainsi d’ignorer leur diocèse d'origine pour contacter directement l'instance nationale.

L’indemnisation financière, quant à elle, reste un autre point épineux. La demande d'indemnisation devra être faite de manière explicite par la victime à la fin de son parcours, une démarche jugée problématique par le collectif Ampaseo. Pour eux, le versement d'une somme est un acte incontournable pour valider toute reconnaissance de la souffrance. La Conférence des évêques, de son côté, assure que les diocèses devront contribuer au fonds d’indemnisation.

Le choix du nom "Renaître" a également été critiqué. Certains collectifs trouvent ce terme "dangereux", le percevant comme une forme d'affront et un slogan qui pourrait donner l’illusion que les conséquences des abus peuvent être effacées d'un coup de baguette magique. Selon Ampaseo, l'annonce du 26 mars a provoqué un choc et a été reçue comme une injonction à la sauvegarde de l’Église, plutôt qu'une préoccupation pour les victimes.

Un regret majeur persiste parmi les victimes : leur absence dans le processus consultatif lors de l'élaboration de ce dispositif. "Ne sont-elles plus dignes d'être entendues?", s'interroge le collectif Foi et résilience dans un message aux évêques, selon l’AFP.

La déception est manifeste, d’autant plus que cela fait un an jour pour jour qu’un colloque réuni à Lourdes avait permis d'échanger sur la lutte contre les abus dans une ambiance constructive. Foi et résilience alerte que la perte de l'indépendance de l'Inirr au profit de cellules diocésaines pourrait inévitablement engendrer une "injustice majeure".

L'Inirr avait été fondée après le rapport de la Ciase en 2021, qui évaluait à 330.000 le nombre de mineurs victimes d'abus au sein de l’Église depuis 1950. En quatre ans d'existence, l’instance a enregistré 1.789 demandes, acceptant des dossiers jusqu'au 31 août prochain. Un conseil désabusé d'une victime résume la situation : "Si un message à passer, c'est d'aller à l'Inirr avant le 31 août".

Pour répondre aux inquiétudes, une visioconférence est prévue entre les collectifs et les responsables de la CEF le 7 avril.

Lire aussi

Les dangers méconnus du protoxyde d'azote : un appel à la prudence
Explorez les conséquences du protoxyde d'azote sur la santé et les nouvelles mesures législatives.
13h12
À l'heure de la paix : la vision d'un prêtre face aux crises contemporaines
Découvrez les réflexions de Laurent Stalla-Bourdillon sur la paix, la guerre au Moyen-Orient et le rôle de la religion dans les réseaux sociaux.
11h54
Le protoxyde d'azote : la nouvelle drogue tendance des adolescents
Découvrez comment le protoxyde d'azote devient la nouvelle drogue à la mode chez les adolescents, ses effets, et ses dangers.
11h00
Huluberlu ou hurluberlu : Que vaut vraiment cette orthographe ?
Découvrez l'orthographe correcte de hurluberlu et son origine fascinante. Apprenez-en plus sur cet étrange terme de la langue française.
09h25
Changement d'adresse pour la bourse aux vêtements de printemps à Saint-Girons
Découvrez la bourse aux vêtements de printemps à Saint-Girons, qui se déroule du 10 au 12 avril 2026, au nouveau boulodrome Mendès-France. Un rendez-vous pour faire de bonnes affaires !
07h42
Disparition de Joël Fernandez, figure engagée et passionnée de la vie locale de Quillan
Joël Fernandez, figure emblématique de Quillan, nous a quittés à 78 ans. Un hommage à son engagement et à son impact local.
05h45