La guerre en Iran suscite des réactions contrastées entre Israël et les États-Unis. D'après des sondages effectués à la mi-mars, près de 80 % des Israéliens expriment leur soutien face aux bombardements en cours, une tendance stable depuis le début du conflit. Ces résultats ont été publiés par un think tank israélien ainsi que par l’Institute for National Security Studies (INSS) de l'université de Tel-Aviv.

Cependant, cette unanimité apparente masque des disparités notables. Comme le souligne l'analyste israélienne Dahlia Scheindlin dans The Guardian, si 91 % des Israéliens juifs se montrent favorables à la guerre, deux tiers des Israéliens arabes la contestent fortement. Bien que la majorité des sondés estiment que les actions doivent se poursuivre jusqu'à l'effondrement du régime iranien, seulement 11 % croient en une chute totale du régime, d'après l'enquête de l'INSS.

En revanche, l'opinion publique américaine adopte une posture bien différente. Selon une enquête de l'institut Pew réalisée le 25 mars, 61 % des Américains réprouvent la gestion du conflit en Iran par le Président Donald Trump, avec seulement 37 % d'approbation. Cependant, il bénéficie d'un soutien significatif parmi les électeurs républicains, atteignant 69 %.

"Trump est en échec sur le front intérieur, et cela pourrait empirer", avertit un chroniqueur du Wall Street Journal, postant une mise en garde sur une possible intervention au sol. Selon un sondage de Reuters/Ipsos, seulement 34 % des Américains approuvent le déploiement limité de forces spéciales, tandis que le soutien pour une invasion à grande échelle ne dépasse pas 7 %.

La popularité de Trump semble affectée par cette crise, comme le souligne USA Today : son taux d'approbation a chuté à 36 %, le plus bas depuis son retour en fonction, alors qu'il était d'environ 40 % depuis l'été dernier. "La colère monte parmi les Américains, notamment en raison de la hausse des prix alimentaires et de l'essence. Seulement 25 % d'entre eux approuvent ses mesures concernant le pouvoir d'achat,"] ajoute le quotidien.

Cette dynamique alimente les dissensions croissantes entre le gouvernement de Benjamin Nétanyahou et la Maison Blanche, notamment concernant la stratégie et la durée du conflit, des sujets qui deviennent de plus en plus sensibles avec l'évolution de la guerre.