“Comment l’IA booste la guerre en Iran” : c’est le titre d’un récent article du Wall Street Journal. Selon le quotidien, “les offensives américaines et israéliennes en Iran se déroulent à un rythme et une précision inégalés” en grande partie grâce à “une technologie inédite : l’intelligence artificielle”.
Dans un contexte de tensions croissantes entre le Pentagone et l'entreprise développeuse d'IA, Anthropic, The Washington Post a fait écho à cette situation : “L’IA d’Anthropic, Claude, est au centre des opérations américaines contre l'Iran, malgré des frictions de plus en plus visibles.” La mésentente entre Dario Amodei, PDG d'Anthropic, et le gouvernement s'est récemment intensifiée.
“Avant le lancement des frappes en Iran, le président a décrété l’interdiction pour l’administration fédérale d’utiliser les outils d’Anthropic, fixant un délai de six mois pour s’en passer.”
Il est désormais précisé que “d'autres entreprises d'IA, telles qu'OpenAI et xAI d’Elon Musk, commencent à s'imposer auprès du Pentagone”, renforçant le caractère concurrentiel de cette technologie.
Une adoption très rapide
Pour l'heure, le Pentagone pourrait difficilement faire sans Claude, qui a été intégré à son programme technomilitaire Maven à la fin de 2024. Le Washington Post rapporte qu’en une seule année, Claude s’est hissé au rang d'“outil quotidien dans plusieurs branches de l’armée, en synergie avec Maven”.
Bien que déjà impliqué dans des opérations antiterroristes, l’utilisation de Claude dans un conflit d'une telle envergure marque un tournant : “Sa capacité à rythmer les opérations, réduire les capacités de réponse iraniennes et alléger des semaines de préparation contribue à des missions en temps réel.”
Ce déploiement survient alors qu'un débat éthique intense se déroule sur l'usage de ces outils en milieu guerrier et leur adoption expéditive.
Utile surtout pour le renseignement
Loin du stéréotype des robots tueurs, souligne le Wall Street Journal, l’IA est principalement utilisée pour “le renseignement, la planification militaire et la logistique”.
Elle permet d’exploiter les vastes quantités de données traitées par les agences de renseignement et d’identifier ainsi de multiples cibles potentielles. L’IA aide également à hiérarchiser ces objectifs, un aspect crucial dans un contexte de conflit.
Malgré ses avantages, “l’IA ne peut pas remplacer le jugement humain”, avertit le Wall Street Journal. Certains experts, comme Emelia Probasco de Georgetown, soulignent également que “les investissements actuels dans ce domaine restent largement insuffisants pour garantir une utilisation éthique et responsable”.







