Editorial. Tolérance zéro pour la violence politique

La mort tragique de Quentin relance le débat sur la violence politique en France.
Editorial. Tolérance zéro pour la violence politique
Julien Rousset, reporter à « Sud Ouest » et éditorialiste. © Crédit photo : Thierry David / SO

Le décès de Quentin, âgé de 23 ans, fait écho à une profonde tristesse et à une stupéfaction collective. Cet étudiant en mathématiques et militant de l'Action française a succombé à des blessures graves après avoir été agressé lors d'un événement organisé par l'eurodéputée (LFI) Rima Hassan à Sciences Po Lyon. Selon le collectif Nemesis, lié à l'extrême droite, il aurait été attaqué par des militants antifascistes.

La mort de Quentin, étudiant de 23 ans, suscite indignation et préoccupations. Il a été la cible d'une agression violente jeudi dernier, au cours d'une conférence animée par Rima Hassan à Sciences Po. Le collectif Nemesis dépeint une scène alarmante où Quentin aurait été assailli par des militants antifascistes. Ce drame soulève de vives questions sur les violences politiques en France.

Une enquête a été ouverte pour "coups mortels aggravés". L'avocat de la famille a requis la requalification des faits en "meurtre en bande organisée", insistant sur le caractère prémédité de cet acte qu'il qualifie de lynchage. Les parents de Quentin ont, avec dignité, appelé à "manifester du calme" en plaçant leur confiance dans les enquêteurs afin que les responsables soient rapidement traduits en justice.

D'importantes interrogations persistent : quelles sont les circonstances exactes de cette agression mortelle ? Y a-t-il eu préméditation ? Qui sont les auteurs de cette violence, et ont-ils un lien avec le député Insoumis Raphaël Arnault ? Le collectif Nemesis a affirmé avoir identifié un assistant parlementaire parmi les agresseurs, une affirmation que ce dernier a étrangement niée.

Les parents de Quentin ont demandé une approche calme et réfléchie face à la situation.

Les Insoumis sont sous le feu des critiques, accusés de complaisance envers des groupes qu'ils qualifient d'antifascistes, dont les tactiques, dénoncent certains observateurs, rappellent les pratiques des groupements extrémistes. Raphaël Arnault a exprimé son horreur face à cette tragédie, tandis que Jean-Luc Mélenchon a partagé sa sidération ainsi que son empathie pour la famille du défunt.

L’enquête se poursuit, mais une vérité demeure constatable : dans une démocratie, la violence politique est intolérable. L'État doit réagir face à de tels agissements, en se défendant par ses moyens républicains. La dissolution de ces groupuscules, qui troquent la discorde pour le dialogue, s'impose comme une mesure nécessaire pour la tranquillité démocratique. Rappelons que deux groupuscules d'extrême droite avaient été dissous après la mort tragique de Clément Méric en 2013.

Les élus, quant à eux, doivent faire preuve d'exemplarité et ne laisser naître aucune ambiguïté avec ces factions. Qu'il s'agisse d'antifas ou d'ultra-droite, il est absolument inacceptable que des représentants de la République s'associent à ces petites entités, souvent minoritaires mais potentiellement dévastatrices, qui aspirent au désordre. La communauté politique doit venir ensemble pour combattre la montée de la violence, sous toutes ses formes.

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