Le pouvoir des cartes ne doit pas être sous-estimé. Lors de son audition devant la commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale le 21 janvier, l'ambassadeur argentin Ian Sielecki a exprimé son mécontentement face à une carte accrochée derrière lui. Ce geste a failli provoquer un incident diplomatique d'envergure.
La cause de son indignation? La désignation des îles Malouines comme territoire britannique. Cet archipel, connu sous le nom de las islas Malvinas en espagnol, est revendiqué par l'Argentine depuis des décennies. La guerre des Malouines a éclaté entre les deux nations en 1982, ce qui a intensifié cette contestation territoriale.
Une atteinte à la souveraineté de mon pays
"Je dois malheureusement vous signaler un petit problème, qui est en réalité un grand problème pour mon pays", a commencé Ian Sielecki. "Je viens de constater que je suis assis devant une carte qui montre les îles Malouines comme étant britanniques." Sa demande de ne pas s'exprimer devant cette carte devrait alerter les députés sur un enjeu délicat.
"C'est comme demander à l'ambassadeur de l'Ukraine de s'exprimer devant une carte montrant la Crimée comme légitimement russe", a signalé Sielecki.
À ses yeux, cette carte soulève des questions "juridiques" et "politiques" préoccupantes. "Ceci légitime une situation qui porte atteinte à la souveraineté et à la dignité de l'Argentine, en plus d'être une violation du droit international", a-t-il ajouté.
Un post-it pour recouvrir les îles Malouines
Dans une tentative de désamorcer la situation, le président de la commission, Bruno Fuchs, a précisé que la carte n'omit pas le statut contesté de l'archipel, en faisant mention du Royaume-Uni. Cependant, Ian Sielecki a maintenu sa position et a exigé que la carte soit recouverte. Après un premier refus poli, une solution inattendue a surgi : un simple post-it.
Finalement, Ian Sielecki a pu intervenir comme prévu, mais avec un post-it couvrant la mention des îles Malouines, symboliquement enlevée de la vue pendant toute son intervention.
Le fragile équilibre autour des Malouines, habituellement peuplées de plus de 3.600 habitants et administrées par le Royaume-Uni, reste un sujet sensible. En 2013, la population locale a voté massivement (99,8%) pour maintenir leur statut britannique, provoquant la colère de l'Argentine qui y voit une "manipulation" et une "initiative de mauvaise foi".







