Le président de la région Hauts-de-France, Xavier Bertrand, monte au créneau à nouveau contre la commission d'enquête sur l'audiovisuel public. Dans une récente prise de parole sur BFMTV, il a décrit ce dispositif comme étant motivé par des objectifs idéologiques, et a exprimé son inquiétude face à ce qu'il appelle un « procès improvisé » visant certains journalistes.
Bertrand fait référence au rapporteur de la commission, Charles Alloncle, qu'il accuse d'adopter une posture digne « d'un procureur lors d'un procès ». Ce dernier est à l'origine de l'initiative parlementaire lancée après les controverses relatives à Patrick Cohen et Thomas Legrand, deux journalistes pris en flagrant délit de discussions stratégiques avec des responsables politiques socialistes.
Dans une tribune publiée dans Le Monde, Bertrand critique l'influence croissante de l'extrême droite, qu'il accuse de vouloir « mettre au pas des journalistes qui ne partagent pas leur vision ». Selon lui, attaquer les journalistes pour leurs opinions ou leurs enquêtes est une « ligne rouge » à ne pas franchir en démocratie. Bertrand rappelle qu'une presse libre ne doit pas se plier aux exigences de complaisance.
Un procès improvisé
Bien que son argumentaire plaise à certains, les critiques ne manquent pas. D'après plusieurs observateurs, Bertrand semble davantage préoccupé par la défense d'un système audiovisionnel en crise que par une véritable réforme structurelle. Libération rapporte que l'ancienne ministre, Élisabeth Moreno, a également exprimé son désaccord, appelant à une réflexion constructive plutôt qu'à des jugements hâtifs. Dans ce contexte, Xavier Bertrand affirme que les objectifs de cette commission, bien que légitimes, sont en train d'être détournés.
Enfin, après plusieurs controverses, la commission a décidé de suspendre ses travaux fin décembre 2022 et de reprendre le 19 janvier 2023 sous de nouvelles règles, favorisant la discrétion et la modération dans ses échanges. Cela marque un tournant dans le débat sur la place des médias dans le paysage politique français, où la transparence et la rigueur devraient être de mise.







