L'Europe face à ses contradictions : le gaz russe toujours au cœur de nos importations

Malgré la guerre en Ukraine, l'Europe reste plongée dans la dépendance au gaz russe.
L'Europe face à ses contradictions : le gaz russe toujours au cœur de nos importations

À l'heure où la guerre en Ukraine persiste, l'Union européenne, tout en affirmant son intention de réduire sa dépendance au gaz russe d'ici 2027, continue d'importer une quantité significative de gaz naturel liquéfié (GNL) provenant de Russie. Un rapport datant de 2025 de l'ONG allemande Urgewald souligne que les livraisons métalliques du terminal de Yamal, situé en Sibérie, ont rapporté 7,2 milliards d'euros au Kremlin.

Les exportations de Yamal, qui génèrent près de 60 % du GNL russe, sont acheminées vers l'Europe par des brise-glaces spécialisés, garantissant une transitabilité en mer arctique. En 2025, plus de 15 millions de tonnes de GNL ont été importées par les pays européens, une légère augmentation par rapport à l'année précédente, où la part des achats européens représentait 75,4 % de la production totale de Yamal.

Malgré les promesses affichées par les leaders européens quant à une diminution des achats de gaz russe, comme l'a souligné la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, lors d'une déclaration en juin 2025, la réalité sur le terrain évoque une tout autre situation. Sur les quais des ports de Zeebrugge en Belgique et de Dunkerque en France, les navires continuent leur ballet, déchargeant des quantités impressionnantes de GNL.

La France se distingue comme le principal client du terminal de Yamal, ayant importé 6,3 millions de tonnes, soit environ 42 % des volumes européens. La Belgique, quant à elle, suit de près avec 4,2 millions de tonnes reçues.

Ce paradoxe soulève des interrogations éthiques. Sebastian Rötters, responsable des campagnes chez Urgewald, souligne que chaque livraison de GNL contribue directement au financement de la guerre en Ukraine. Dans le contexte géopolitique actuel, il semble crucial de réévaluer ces accords commerciaux. Comme l'indique le journaliste du Monde, "l'Europe doit urgentement diversifier ses sources d'énergie pour éviter d'alimenter indirectement le conflit".

Les exportations vers l'Europe sont essentielles pour le terminal de Yamal, qui utilise une flotte de tankers spécialisés appelés Arc7. Actuellement, ces navires sont pour la plupart gérés par des compagnies européennes comme Dynagas et Seapeak, qui continuent de jouer un rôle clé dans le transit du gaz vers les ports européens. "Nous ne sommes pas de simples clients, nous faisons partie intégrante de ce projet d'échelle globale", avertit Rötters.

La question qui se pose désormais est celle des alternatives à ces importations. Les experts estiment qu'il serait nécessaire de développer des infrastructures pour faciliter des envois vers des destinations autres que l'Europe, mais cela nécessiterait des investissements conséquents.

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