Le président du tribunal judiciaire de Paris, Peimane Ghaleh-Marzban, a récemment exprimé ses préoccupations face à d’éventuelles « ingérences inacceptables et intolérables » dans le cadre du traitement judiciaire du Rassemblement National (RN). Ces déclarations font suite à des informations rapportées par l’hebdomadaire allemand Der Spiegel, indiquant que l’administration Trump aurait envisagé d’appliquer des sanctions contre des juges impliqués dans le procès de Marine Le Pen.
Dans un discours prononcé lors de l’installation de nouveaux magistrats, Ghaleh-Marzban a souligné que ces menaces, si elles se confirmaient, constitueraient une violation grave de la souveraineté judiciaire française. « Si de tels faits étaient avérés, ils devraient provoquer la réprobation des pouvoirs publics », a-t-il averti, appelant à une vigilance accrue pour prévenir toute forme de pression extérieure.
Une situation préoccupante pour la justice française
Le procès en cours, qui doit juger non seulement Marine Le Pen mais aussi le RN en tant que personne morale pour détournement de fonds, suscite déjà une tension notable. Les accusés sont soupçonnés d’avoir utilisé des ressources du Parlement européen à des fins personnelles.
La mise en examen de magistrats comme Nicolas Guillou, juge à la Cour pénale internationale et visé par des sanctions américaines, illustre une tendance inquiétante. Ce dernier, responsable d'une enquête sur un mandat d'arrêt visant le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, est devenu un symbole de la lutte contre l’ingérence judiciaire. Interrogé par la presse, un expert en droit international a déclaré que « les sanctions contre les juges nuisent à l'intégrité des systèmes judiciaires et soulèvent des questions de confiance ».
En mars, les commentaires de Donald Trump sur la condamnation de Marine Le Pen—à quatre ans de prison, avec une partie ferme, ainsi qu'à une amende significative—ont ajouté une nouvelle dimension politique à cette affaire. Quand bien même les relations entre la France et les États-Unis ont souvent été solides, ces récentes déclarations remettent en question la frontière entre justice et politique.
Peimane Ghaleh-Marzban a depuis appelé à une mobilisation générale pour défendre l’indépendance de la justice française. « Nous devons nous élever contre toute forme d'ingérence dans nos affaires internes », a-t-il insisté. Ainsi, la France est-elle à un tournant où la justice et la politique semblent s'affronter à des niveaux inédits.







