Le président des Républicains, Bruno Retailleau, a récemment lancé un avertissement retentissant à Emmanuel Macron, le mettant en garde contre les conséquences d'un vote en faveur de l'accord de libre-échange entre l'Union européenne (UE) et le Mercosur. Lors d'une conférence de presse tenue le 7 janvier, il a déclaré que cette décision pourrait mener à une « censure du gouvernement » dirigé par Sébastien Lecornu.
Cette mise en garde s'inscrit dans une vague de critiques provenant de divers groupes politiques, allant de La France insoumise au Rassemblement national. Les voix s'élèvent pour inciter le président à rejeter cet accord commercial, qui suscite l'indignation parmi les agriculteurs français, soucieux de la concurrence que cela pourrait engendrer.
« Si le président de la République vote pour le Mercosur, après toutes ses déclarations, il prend le risque d'une censure », a souligné Retailleau, galvanisant un discours déjà chargé de tensions au sein du paysage politique français.
Macron lui-même, bien que reconnaissant l'importance d'un accord révisé, avait exprimé son soulagement quant à son report en décembre dernier, insistant sur la nécessité de modifications substantielles pour garantir la protection des intérêts français. « Le compte n’y est pas », a affirmé un porte-parole du gouvernement, soulignant les réserves persistantes avant une réunion cruciale prévue entre les ministres de l’agriculture de l'UE.
La France face à un dilemme diplomatique
Pour calmer les tensions, Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a suggéré une augmentation budgétaire pour la future politique agricole commune (PAC 2028-2034), déverrouillant ainsi 45 milliards d'euros dès 2028. En réponse, Macron a fait l'éloge de cette approche, affirmant que cela représente une « mobilisation déterminée » de la France pour ses agriculteurs.
Cependant, des politiciens tels que François Ruffin, ancien membre de La France insoumise, ont critiqué cette manœuvre, la qualifiant d'effort vain pour apaiser les mécontentements, en affirmant : « Macron agite le hochet des aides de la PAC pour faire avaler la pilule du Mercosur ».
Récemment, Manuel Bompard a également exprimé ses inquiétudes, soutenant que le gouvernement façonnait une narrative favorable pour camoufler la réalité d'un accord préjudiciable, tout en réitérant qu’« il n’est pas question » d’accepter cet accord commercial avec le Mercosur.
Jordan Bardella du RN, quant à lui, accuse Macron de préparer le terrain pour « une trahison des agriculteurs », justifiée par des promesses peu crédibles, intensifiant ainsi le climat de scepticisme qui entoure la négociation en cours.
Alors que les tensions montent, tous les yeux se tournent vers le président Macron, son choix déterminera inéluctablement la suite des événements et les réactions politiques qui en découleront, laissant les agriculteurs dans l’incertitude face à l’avenir de leurs intérêts.







