À Saint-Denis, la popularité du jeune maire, surnommé affectueusement "Bally", semble se maintenir trois mois après son élection. Les premières actions et le style de leadership du nouvel édile de La France Insoumise (LFI) sont bien accueillis par les habitants, mais les attentes demeurent élevées.
Au cœur du quartier Gabriel Péri, dans le square attenant à l'espace jeunesse, récemment rouvert en avril – l'une des promesses phares de Bally Bagayoko – Aminata, 30 ans, ne cache pas sa satisfaction auprès de l'AFP : "des choses commencent enfin à se concrétiser", évoquant le kit de rentrée scolaire offert aux enfants.
Cette mère d'un enfant sans emploi souligne l'impact positif d’une telle aide. À proximité, l'ambiance est cependant troublée par l’intervention des forces de l’ordre, dans un quartier souvent cité pour sa délinquance. Une autre résidente, qui préfère rester anonyme, critique le style parfois trop décousu des policiers sous l'ancienne administration socialiste, mais apprécie la réouverture de l'espace jeunesse, notant que cela contribue à réduire les nuisances.
"Je me sens plus en sécurité quand l’espace est ouvert", confie-t-elle. Néanmoins, à quelques encablures, dans la cité Paul Langevin, Marine, 39 ans, accessoiriste, déplore un manque de changements notables, si ce n'est une augmentation des feux d'artifice.
Soffian, 51 ans, père au foyer et électeur de gauche, a assisté à l'une des rencontres de quartier organisées par le maire. Bien qu'il considère qu'il soit un peu "prématuré" de porter un jugement sur son action, il exprime un certain optimisme quant à la volonté de transparence du nouvel élu.
"Il fait preuve d'une certaine sincérité", note-t-il. Cependant, il attire également l'attention sur les nombreuses attentes des Dyonisiens. Dans le cadre de deux réunions publiques, Bally Bagayoko a tenté d'asseoir son autorité en détaillant un éventail d'initiatives engagées durant ses 100 premiers jours, incluant le remboursement du forfait de transport pour les enfants de 4 à 11 ans et des mesures de soutien en matière de cantine.
Malgré des efforts notables, l’organisme municipal a aussi dû traîner des lourds héritages d’un passé tumultueux. "L’ancienne majorité socialiste nous a malheureusement laissé une ville en difficulté", a-t-il déploré, justifiant certains retards administratifs par des contraintes budgétaires, ou par la défaillance de l’État qui semble transférer ses responsabilités sur la municipalité.
Interrogées par l'AFP après la rencontre, plusieurs voix ont illustré l’écho des espoirs placés en ce nouveau maire, souvent jugé "à l'écoute" et "sincère", mais certains habitants gardent une appréhension compréhensible. Gilda Chastaing, 77 ans, rappelle que même si des avancées ont été faites, "tout ne sera pas parfait".
D'autres présentes n'ont pas hésité à interpeller le maire : "On aimerait le voir moins à la télévision pour qu’il se concentre davantage sur nos préoccupations", a témoigné une habitante, ajoutant que des nuisances sont réapparues dans le quartier, tout cela à peine un jour après les élections.
"Cette situation me fait peur. J’ai vécu de nombreuses difficultés ici. Pendant un temps, la gare était pacifiée, mais aujourd'hui les vendeurs à la sauvette sont de retour", s'est-elle alarmée. En dépit de ces critiques, Bally Bagayoko a constaté une adhésion relativement positive parmi ses administrés, qui n’ont émis aucun reproche aux vingt mesures présentées, un indicateur d’optimisme, selon lui.







