«Sous les discours de l'État, la réalité est difficile. On abandonne les petites lignes, négligeant des millions d'usagers quotidiens,» déclare Renaud Lagrave, vice-président régional des transports. Ce dernier souligne à quel point la question des financements entre l'État et SNCF Réseau est cruciale.
Le financement du réseau ferroviaire est devenu un véritable casse-tête. Compétence de l'État, ce dernier est souvent pointé du doigt pour son manque d'investissement dans l'entretien des voies, notamment celles dites « petites ». D'après le rapport présenté par Actu.fr, la France figure parmi les pays européens les moins engagés dans la modernisation de son réseau ferroviaire, pourtant vital dans la lutte contre les émissions de carbone et pour une meilleure organisation territoriale.
Face à cette situation, certaines régions prennent les devants et financent ces opérations, même si cela dépasse souvent leurs compétences. En un peu plus d'une décennie, la Nouvelle-Aquitaine a investi 450 millions d'euros pour remettre à niveau ses infrastructures ferroviaires. Le président de la région, Alain Rousset, a exprimé sa frustration face à ce dilemme : « Peut-être n'aurais-je pas dû agir hors de mes compétences, mais sans cela, nos trains n'auraient pas circulé. »
Modèle bancal
A l'approche de la discussion sur le projet de contrat de performance entre l'État et SNCF Réseau pour 2024-2034, les élus régionaux restent sceptiques. L'État prévoit une augmentation de 50 % des financements pour moderniser le réseau, visant 4,5 milliards d'euros par an d'ici 2028. Malgré ces promesses, les élus estiment que cela reste insuffisant et chiffrent à 2 milliards d'euros le coût de la mise à niveau du réseau néo-aquitain. Un souci majeur, car la région gère 3 160 km de lignes, représentant 13 % du réseau national, dont 67 % assurent de précieuses dessertes. Il est à noter que l'âge moyen des voies est de 35 ans, certaines dépassant même le siècle.
«L'État se concentre uniquement sur les grandes liaisons, laissant le reste du réseau à l'abandon», s'inquiète Renaud Lagrave. Pour financer les petites lignes, il faudrait injecter 120 millions d'euros par an dans la région, une somme jugée «insoutenable», d'autant plus que les dépenses liées aux TER ont explosé, avec une hausse de 77 % des péages entre 2019 et 2026. Dans le même temps, les dotations d'État ont chuté de 300 millions d'euros en deux ans, incitant la région à demander une révision en profondeur du financement ferroviaire et une prise en charge meilleure de toutes les lignes, y compris les plus modestes.







