Jean-Marc Nicolle, l'ancien maire du Kremlin-Bicêtre, est en jugement depuis mercredi matin au tribunal correctionnel de Créteil. Il est accusé de corruption et d'abus de confiance, soupçonné d'avoir financé son addiction aux paris hippiques en détournant des fonds publics.
Vêtu d'un polo bleu et d'un jean blanc, Nicolle, âgé de 61 ans, renoue avec son passé politique en tant qu'ancien membre du Mouvement républicain et citoyen (MRC), fondé par Jean-Pierre Chevènement. Il est poursuivi pour plusieurs délits, notamment l'escroquerie et le trafic d'influence passif, sur une période allant de 2013 à 2017, selon une ordonnance de renvoi consultée par l'AFP.
Maire de la ville de 25.000 habitants entre 2016 et 2020, il est accusé d'avoir utilisé les ressources de la commune pour alimenter sa dépendance au PMU, contournant les règles d'attribution des marchés publics. Les autorités ont découvert que plusieurs donateurs de l'association d'œnologie qu'il dirigeait avaient obtenu des marchés publics.
« Il a reçu un montant total de 223.353,34 euros, principalement destiné aux paris sportifs », a précisé la juge d'instruction. Nicolle fait face à des accusations d'avoir produit de fausses factures totalisant près de 17.000 euros, rapidement encaissées sur son compte personnel.
L'enquête a révélé que Nicolle avait engagé pas moins de 45.699 paris pour une somme approchant le million d'euros entre 2010 et 2017, un chiffre qui laisse perplexe les enquêteurs. Six autres personnes, dont une employée de la mairie et plusieurs dirigeants d'associations, sont également jugés dans cette affaire.
Enfin, on lui reproche d'avoir caché une partie des revenus imposables, en collaboration avec son épouse, pour un montant total de 401.000 euros. Ce procès met en lumière les dérives de la gestion publique et soulève des interrogations sur le contrôle des finances locales.







