Au lendemain de la découverte tragique d'un corps, probablement celui de Lyhanna, une fillette de 11 ans disparue, l'exécutif français a dénoncé des dysfonctionnements « accablants » au sein des services de l'État. Selon une source gouvernementale, la procureure d'Auch, Clémence Meyer, aurait négligé d'appliquer une circulaire pénale essentielle qui priorise les enfants en tant que victimes.
« Il est évident qu'il y a un problème majeur (...) et cela est inacceptable », a déclaré le président Emmanuel Macron depuis le Monténégro, soulignant l'absence d'arguments valables pour justifier ces manquements.
Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a également évoqué des « défaillances graves » dans la gestion de cette affaire. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a exprimé sa colère, convoquant une réunion de crise avec plusieurs ministres pour évaluer la situation et formuler des actions à mettre en place.
Une enquête administrative a été lancée pour établir les causes des dysfonctionnements, avec l'exigence que les premiers résultats lui soient présentés dans un délai de deux semaines. Gérald Darmanin a par ailleurs convoqué les procureurs généraux à se réunir dès lundi pour discuter de la situation.
Le corps retrouvé, suspecté d'être celui de Lyhanna, a été découvert près de Puycasquier, à une quinzaine de kilomètres de son domicile, où elle avait disparu le 29 mai. Une autopsie est prévue pour confirmer son identité et examiner les circonstances de sa mort. Des recherches révèlent également que le principal suspect, Jérôme B., avait des antécédents judiciaires préoccupants, notamment des plaintes pour agressions sexuelles sur mineurs.
Le député du Gers, David Taupiac, avait déjà signalé des problèmes de fonctionnement au tribunal d'Auch, incluant une pénurie de magistrats qui ont entravé l'application efficace de la loi. « C'est une situation qui perturbe gravement le travail de la justice », a-t-il déclaré à l'AFP.
Divers acteurs politiques ont réagi à cette affaire. Le président du Rassemblement National, Jordan Bardella, a vivement critiqué l'État pour ces manquements, tandis que Bruno Retailleau, président des Républicains, a demandé une réforme profonde du système judiciaire. Edouard Philippe, candidat à la présidence, a plaidé pour un principe de précaution plus rigoureux envers les enfants.
De l'autre côté de l'échiquier politique, Marine Tondelier, cheffe des Écologistes, a dénoncé l'incapacité du système politico-judiciaire à lutter efficacement contre les violences sexistes et sexuelles. Eric Mouzin, dont la fille a été victime du tueur en série Michel Fourniret, a critiqué la surprise affichée par les ministres quant à l'existence de tels dysfonctionnements.







