Les électeurs de Tichey, une charmante commune de la plaine de Saône en Côte-d'Or, pourraient se retrouver à nouveau aux urnes. En effet, la rapporteure publique du Tribunal administratif de Dijon a plaidé pour l'annulation des élections municipales en raison de l'utilisation des couleurs nationales sur une affiche électorale.
Ce jeudi 4 juin, le tribunal a examiné plusieurs recours déposés dans six communes de la région, mais Tichey est la seule à connaître un tel revirement. L’issue des élections y a été extrêmement serrée, se décidant à seulement trois voix près. Le point de discorde ? La présence du bleu, blanc, rouge sur l'affiche du maire sortant, François Variot, jugée inacceptable selon le code électoral.
Son adversaire, Rachel Barbier, soutient que l'utilisation des couleurs nationales a pu induire en erreur les électeurs, laissant supposer que son rival avait une légitimité officielle supérieure, un facteur qui pourrait avoir influencé le résultat. Cette perspective a été adoptée par la rapporteure publique, entraînant ainsi des discussions sur la nécessité de revoter.
Pourtant, l’avocat du maire sortant, Maître Jean-Philippe Morel, défend son client en affirmant que l'utilisation du drapeau tricolore est une pratique courante et en aucun cas un abus. "Cette photographie a été prise devant la mairie, un lieu emblématique qui arbore naturellement cet emblème. De plus, l'affiche a été largement diffusée avant le scrutin, suscitant aucun recours à ce moment", a-t-il déclaré.
La décision du tribunal concernant la nécessité d'un nouveau vote sera annoncée au plus tard le 25 juin, suscitant une attente palpable parmi les 172 électeurs de cette petite commune.
À noter que dans d'autres communes comme Toutry et Franxault en Côte-d'Or, ainsi qu'à Buxy et Berzé-le-Châtel en Saône-et-Loire, la rapporteure a demandé de rejeter les recours des candidats battus, laissant entendre que le contexte variera d'une commune à l'autre. Les jugements de ces affaires seront également rendus le même jour.
Ce cas soulève des questions plus larges sur l'équité électorale en France, au moment où l'on redéfinit les limites de la communication politique.







