La stratégie électorale du Rassemblement national (RN) connaît des tensions, malgré des sondages encourageants. Alors que des études comme celle d'Ipsos-BVA du 1er juin 2023 placent Jordan Bardella et Marine Le Pen au-dessus de 30 % d'intentions de vote, des voix au sein du parti expriment des inquiétudes croissantes. "Il faut faire campagne comme si nous étions à 10 %", affirmait récemment un cadre du RN lors d'une réunion de travail.
Ce même interlocuteur a confié : "Face à Mélanchon, on saura faire. Mais contre Édouard Philippe, nous ne sommes absolument pas prêts. Si on ne fait rien, on sera à 45 % au second tour". Ce constat, bien que pessimiste, reflète une volonté de tempérer les projections trop optimistes du parti.
D'après plusieurs membres du RN, pour réussir, le parti doit conquérir une frange centriste de l'électorat. "On doit aller chercher les indépendants", a affirmé un élu, en prenant l'exemple d'une infirmière de Caen qui avait voté Macron par déception envers les autres choix. Notons qu'une des défis majeurs du RN demeure l'attraction des électrices, un élément reconnu comme essentiel pour l'élection.
Des régions clé comme la Normandie sont identifiées comme cruciales. Un proche de Le Pen a précisé que pour remporter cette région historiquement hostile à l'extrême droite, un changement d'approche est nécessaire. "Les gens fuient dès qu'ils comprennent que le RN n'a pas changé", a-t-il résumé.
En parallèle, les positions récentes de Jordan Bardella suscitent des préoccupations parmi les membres du RN. Sa suggestion d'une réforme des retraites, semblable à celle défendue par Édouard Philippe, inquiète. "Il faut arrêter de sortir la grosse caisse sur des sujets qui effraient notre électorat", a averti un membre influent. En cas de condamnation de Marine Le Pen le 7 juillet prochain, Bardella sera désigné comme candidat à la présidentielle, rendant encore plus pressante cette nécessité d'unité et de clairvoyance stratégique.







