Donald Trump se montre prêt à maintenir le blocus américain sur les ports iraniens — entraînant ainsi une fermeture de fait du détroit d’Ormuz — “pendant des mois, si nécessaire”, dans l'objectif de mettre l'Iran sous pression économique pour qu'il renonce à son programme nucléaire.
Deux mois après le déclenchement d'un conflit américano-israélien en Iran, “la seule certitude est que l’impasse demeure”, souligne El País. “Les pourparlers sont au point mort, l'Iran semble immuable face aux sanctions, et Trump se prépare à un blocus prolongé du détroit d’Ormuz”.
“Trump a établi que, pour l’instant, sa stratégie privilégiée consiste à maintenir le blocus des ports iraniens, persuadé que Téhéran rencontre déjà des difficultés, notamment dans la gestion de son stockage de pétrole brut en raison de l'impossibilité d'exportation”, explique le quotidien madrilène.
“Le blocus est une option plus efficace que des bombardements”, a déclaré le président américain à Axios. “Et la situation se détériorera pour [les Iraniens]. Ils ne peuvent pas avoir l’arme nucléaire”.
Asphyxier l’économie iranienne
Selon plusieurs sources, l'Iran aurait récemment proposé aux États-Unis de lever le blocus du détroit d’Ormuz, à condition que Washington annule également le blocus des ports iraniens et accepte de reporter les discussions sur le nucléaire. Toutefois, la Maison-Blanche refuse de lever son blocus tant que Téhéran n'aura pas renoncé formellement à ses ambitions nucléaires.
Lors de récentes réunions à la Maison-Blanche, Donald Trump a ainsi décidé de “poursuivre l’asphyxie de l’économie et les exportations pétrolières de l’Iran en interdisant tout trafic maritime vers et depuis ses ports”, considérant que “ses autres options — reprendre les bombardements ou se retirer du conflit — comportaient davantage de risques que de maintenir le blocus”, comme le précise The Wall Street Journal.
Mardi, Trump a même reconnu devant des dirigeants du secteur de l’énergie que le blocus américain pourrait durer “des mois, si nécessaire, tout en cherchant à minimiser l’impact sur les consommateurs américains”, d’après NBC News.
La poursuite du blocus “prolonge un conflit qui a déjà fait grimper les prix de l’essence, nuisant à la cote de popularité de M. Trump et assombrissant les perspectives des Républicains pour les prochaines élections de mi-mandat”, note The Wall Street Journal.
Le rial iranien au plus bas
La fermeture prolongée du détroit d’Ormuz, un passage maritime essentiel où transite environ un cinquième de la production pétrolière mondiale, inquiète les marchés. Mercredi, alors que la Maison-Blanche commençait à envisager cette éventualité, le prix du baril de Brent a franchi la barre des 119 dollars, atteignant son niveau le plus élevé depuis 2022.
Bien que l'Iran fasse face à des défis économiques majeurs — sa monnaie nationale étant tombée à son plus bas historique face au dollar depuis la révolution islamique de 1979 — il ne semble pas prêt à accepter ces termes.
Selon Al-Jazeera, relayant des informations de Press TV, un responsable militaire iranien a averti que les États-Unis s'exposaient à une “réaction sans précédent” si leur blocus persiste.
“La retenue des forces armées visait à donner une possibilité à la diplomatie, afin que les États-Unis puissent comprendre et accepter les conditions de l'Iran pour mettre un terme à la guerre”, a déclaré ce responsable. Toutefois, “si les États-Unis persistent dans leur obstination, les conséquences pourraient être différentes”.
Pete Hegseth face au Congrès américain
Lors d'une audition au Congrès, Pete Hegseth, ministre américain de la Défense, a été interrogé sur le calendrier du conflit avec l’Iran. Il a réaffirmé que les États-Unis étaient “sans aucun doute”“succès spectaculaire”, malgré un coût d'environ 25 milliards de dollars jusqu'à présent.
Un député démocrate, Seth Moulton, a remis en question cette perspective : “Pouvons-nous vraiment parler de victoire alors que l'Iran maintient son contrôle sur le détroit d’Ormuz et menace l'économie mondiale?”, rapporte The Daily Telegraph.
Hegseth a éludé cette question, pointant du doigt les critiques internes parmi les Républicains et les Démocrates qui, selon lui, “refusent de répondre à la durée de cette guerre”, selon le quotidien britannique.







