L'édile de Saint-Denis, Bally Bagayoko, a exprimé sa gratitude envers Emmanuel Macron lors d'une première rencontre qu'ils ont eue mardi dernier, tout en soulignant que ce soutien était regrettablement tardif. Le maire a indiqué à l'AFP que le président avait voulu rassurer, affirmant sa condamnation des actes racistes, et se montrant intransigeant sur ce sujet crucial.
Élu d'origine malienne, Bagayoko a récemment fait face à des commentaires racistes dans les médias, notamment sur la chaîne CNews. Le parquet de Paris enquête suite à une plainte déposée par le maire pour «injure publique» liée à ces propos odieux. Cette situation fait écho à des luttes beaucoup plus larges que la simple question individuelle des insultes racistes.
Lors de sa visite à Saint-Denis, Macron a assisté à un concert de la Légion d'honneur. C'est dans ce cadre que s'est tenue la poignée de main entre lui et Bagayoko, qualifiée par l'entourage présidentiel de «cordiale et républicaine». Le maire en a profité pour remettre un T-shirt portant l'inscription «Stop au racisme» et un courrier détaillant ses préoccupations concernant le soutien présidentiel.»
Dans cette lettre, Bagayoko a exposé sa déception quant à l'absence de réaction publique du président durant les moments les plus critiques de son mandat, lorsqu'il a été ciblé par les attaques. Il a également alerté Macron sur le sous-financement dont souffre sa commune, riche de 150 000 habitants, et qui endure des inégalités sociales persistantes.
Il a notamment fait référence aux mesures provisoires de carte scolaire pour 2026, qu'il juge incompatibles avec les ambitions nationales de réussite éducative. Son courrier souligne également de graves dysfonctionnements à la sous-préfecture, où les délais d'obtention des titres de séjour mettent les usagers dans une situation précaire, menaçant leur emploi et leur accès au logement.
Bagayoko a réaffirmé que, contrairement à certaines informations erronées, les effectifs de la police municipale resteront inchangés, mais il a critiqué le nombre insuffisant d'agents de police nationale. Parallèlement, il a exprimé sa volonté de collaborer avec le gouvernement pour améliorer la situation, soulignant l'importance d'unir la banlieue à Paris.
Une marche républicaine contre le racisme est prévue le 3 mai à Paris, suite à un rassemblement thématique à Saint-Denis le 4 avril. Bagayoko a invité Macron à participer à cette manifestation, déplorant l'absence de membres du gouvernement durant le premier événement.







