Le mardi 14 avril, Emmanuel Macron était en visite à Saint-Denis et a enfin manifesté son soutien à Bally Bagayoko, maire de la commune, qui se trouve sous le feu de nombreuses critiques depuis sa prise de fonction. Dans une lettre adressée au président, Bagayoko a souligné les « inégalités sociales et territoriales » qui souffrent depuis longtemps dans sa ville.
Emmanuel Macron était présent à Saint-Denis pour le concert annuel des maisons d’éducation de la Légion d’honneur. Le fait qu’il ait enfin pris position en faveur de Bagayoko, depuis son élection le 15 mars, était attendu. En effet, le nouveau maire est devenu la cible de l’extrême droite qui ne tolère pas sa désignation à la tête d’une grande commune de 150 000 habitants.
Acharnement médiatique
Des termes dégradants tels que « tribu primitive », « mâle dominant », et « grands singes » ont été utilisés pour qualifier Bagayoko sur des plateformes médiatiques comme CNews. Les dirigeants de la chaîne ont même insinué que son élection était le résultat de votes de narcotrafiquants, ce qui a amené Bagayoko à porter plainte pour injures publiques.
Ces propos ont été jugés « ignobles » par le ministre de l’Intérieur, qui a aussi déclaré que « la banalisation du mal et du racisme doit être combattue ».
Un soutien tardif
Bien qu’il ait exprimé son soutien, Emmanuel Macron a tardé à se prononcer dans cette affaire. Bagayoko a rapporté qu’il a trouvé Macron « rassurant » mais a déploré l'absence de manifestations publiques de soutien. Le maire a ensuite offert un t-shirt « Stop au racisme » au président, rappelant le rassemblement antiraciste qui a eu lieu le 4 avril à Saint-Denis.
Dans sa correspondance, Bagayoko a évoqué les défis de sa commune, notamment des problèmes de financement étatique. Comme il l'a succinctement souligné à l’AFP : « Ce que j’observe, c’est que c’est insuffisant. » La lettre détaille les difficultés en matière d’éducation, de sécurité et de services administratifs qui affectent la diversité et le dynamisme de la ville.
Bagayoko a également invité Macron à rejoindre une marche républicaine contre le racisme prévue le 3 mai à Paris, poursuivant ainsi les efforts pour établir un lien entre les banlieues et la capitale.







