Des pépites souvent "plus petites qu'un grain de blé" sont l'espoir de centaines d'hommes en quête d'or dans le paysage montagneux de l'est afghan. Près de la rivière Kunar, dans la province du même nom, ces orpailleurs exploitent les flots tumultueux, à la recherche de quelques grammes d'or.
À Kharwalu, un village typique avec ses maisons en pisé et ses parcelles en terrasse, une multitude d'hommes s'attaquent au lit caillouteux de la rivière. S’affairant avec des seaux et des tamis, ils tentent de récupérer l'or masqué dans les pierres, un travail qui devient leur unique source de revenus. Shahzahdah Gollalah, un orpailleur de 50 ans, témoigne : "Nous n'avons pas d'autres opportunités ici, alors nous avons dû créer notre propre travail." Anciens ouvriers de construction à Kaboul, ces hommes se reconvertissent face à l’absence de perspectives professionnelles.
À Ghaziabad, la situation est similaire : des dizaines d’hommes s’affairent à extraire le précieux minerai, un effort pénible et dangereux où chaque gramme d'or peut rapporter jusqu'à 8.000 afghanis (environ 106 euros), une somme significative dans ces régions ruralement isolées, révèle Gul Ahmad Jan, 35 ans. Après plusieurs tamisages, la satisfaction d'une découverte fait souvent plaisir : "Parfois, après une semaine, on obtient un gramme d'or", confie-t-il.
L'orpaillage existe dans cette région depuis près de quinze ans, selon Najibullah Hanif, chef du département Information de Kunar. Initialement, des mineurs des provinces riches en or avaient commencé, les techniques se sont ensuite répandues parmi les villageois. Récemment, des méthodes destructrices comme l'utilisation d'excavateurs ont suscité des plaintes. Depuis la reprise des Talibans en 2021, les autorités ont limité l'orpaillage aux techniques traditionnelles, et assure qu'"il y a des milliers d'hommes impliqués dans cette activité artisanale".
Cependant, cette quête d'or soulève des préoccupations environnementales. Les autorités, tout en soutenant les façons de faire traditionnelles, cherchent à protéger les rivières et les montagnes de l’exploitation abusive. Cette recherche d'or, bien que cruciale pour la subsistance, se heurte à la nécessité de préserver l'écosystème fragile de la région.







