Au cœur du Nigeria, Maiduguri, autrefois marqué par la violence et les attentats, a connu un calme relatif ces dernières années. Toutefois, une attaque avortée dans la nuit du 15 au 16 mars 2026, mettant en cause des djihadistes présumés, évoque des souvenirs troublants des périodes de terreur.
C’est dans le quartier d'Ajilari Cross, rapproché de l'aéroport, que cette offensive a eu lieu. Les forces armées nigérianes ont rapidement contré l'assaut, rétablissant le calme le lendemain matin, comme l'ont rapporté des journalistes de l'Agence France-Presse (AFP).
Un porte-parole de la Nema, l'agence en charge des secours, a confirmé que des « acteurs armés non étatiques » avaient tenté une incursion, mais celle-ci a été stoppée par les militaires. Mustapha Aminu, résident du quartier, a indiqué qu’il avait entendu des tirs et aperçu « quatre corps parmi les assaillants ».
Un attentat meurtrier en décembre
La violence à Maiduguri n'est pas une nouveauté. La dernière grande attaque avait eu lieu en 2021, lorsqu'un tir de mortier avait causé la mort de dix personnes. Plus récemment, en décembre 2025, un attentat à la bombe dans une mosquée avait fait plusieurs victimes.
Des témoignages locaux, comme celui de Yakaka Ali Gana, ont souligné l'aspect inhabituel de cette situation : « C’est la première fois que des assaillants font irruption dans notre communauté. » Cela illustre la fragilité de la sécurité dans cette région, où le groupe Boko Haram et ses affiliés comme l'État islamique en Afrique de l'Ouest (ISWAP) continuent d’opérer, ciblant des infrastructures militaires et civiles.
Déploiement américain
La réponse des autorités nigérianes est essentielle. Un porte-parole de la police de la région, Nahum Kenneth Daso, a assuré que le calme était revenu grâce à l'intervention rapide des forces de sécurité. En outre, un déploiement récent de 200 soldats américains vise à renforcer la capacité de l'armée nigériane dans sa lutte contre le djihadisme, après une montée des violences qui a causé la mort de nombreuses personnes, notamment des soldats.
Selon des données de l'ONU, le conflit au Nigeria a coûté la vie à plus de 40 000 personnes depuis 2009 et entraîné le déplacement de deux millions d'individus. La lutte contre le terrorisme dans cette région s'accompagne de défis complexes, incluant des accusations de négligence fédérale dans la protection de toutes les confessions religieuses, une trempe souvent évoquée par les analystes.







