Deux frères, de nationalité italienne et marocaine, ont été présentés à un juge antiterroriste le dimanche 15 mars 2023. Accusés d'association de malfaiteurs terroristes criminels, ces jeunes hommes, qui avaient prévu un attentat, s'apprêtaient à passer à l'acte, selon le parquet antiterroriste.
Leur arrestation a eu lieu à la suite d'une intervention policière, dans la nuit du 10 mars sur un parking devant la prison de Longuenesse (Pas-de-Calais). Les policiers ont trouvé dans leur voiture une arme semi-automatique, une bouteille d'acide chlorhydrique, ainsi qu'un drapeau de l'organisation État islamique. Le parquet a confirmé l'intention des suspects de commettre un acte violent, affirmant : "Leur engagement djihadiste et les démarches entreprises dans un projet terroriste dont le caractère mortifère et antisémite apparaît établi."
Les deux hommes, Elyasse H, 22 ans, étudiant en école d'ingénieur, et Moad H, 20 ans, au chômage, sont arrivés en France en 2017 et étaient inconnus des services de police avant leur arrestation. Leur présence suspecte près d'une prison intrigue les enquêteurs. Amandine, secrétaire locale de FO Justice, s'interroge : "On ne sait pas si ça avait atteint l'intégrité d'un surveillant, ou alors si c'était le départ d'un détenu."
Des projets de martyre sur le sol français
Les perquisitions effectuées à leur domicile ont révélé une vidéo d'allégeance à l'État islamique ainsi que des contacts avec des individus radicalisés. Les enquêteurs y ont également trouvé des images les montrant posant avec des armes et des couteaux. Lors des interrogatoires, les frères ont avoué qu'en raison de leur incapacité à partir pour faire le djihad à l'étranger, ils avaient décidé de mourir en martyrs en France.
Le sociologue Elyamine Sttoul explique : "Aujourd'hui, nous assistons à une large diffusion de propagande virtuelle sur les réseaux sociaux, qui se nourrit d'un contexte global de tension, notamment au Moyen-Orient."
Durant les perquisitions, la mère des suspects a tenté de cacher une arme et des munitions, mais sa garde à vue a été levée. La situation des deux frères, en revanche, a conduit à leur présentation devant un juge, ouvrant la voie à une mise en examen pour des charges graves liées au terrorisme.







