Les premières estimations des élections municipales, diffusées à 20 heures ce 15 mars, révèlent une participation se chiffrant entre 56 et 57 %, marquant une légère baisse par rapport aux élections de 2014. Cette journée a été perçue comme d'une importance inédite, commentent plusieurs médias étrangers.
"Des élections municipales aussi marquantes en France, c'est rare", déclarait El País au matin du scrutin. Le journal souligne que l'ambiance de ce dimanche s'apparentait à une campagne présidentielle.
Bien que la mobilisation ait légèrement progressé par rapport aux élections de 2020, où l'abstention avait atteint des niveaux historiques en raison de la pandémie, le taux de participation reste en recul par rapport à 2014, où il avait atteint 63,6 %.
Au Havre, l'ancien Premier ministre Édouard Philippe a remporté 43,76 % des voix, suivi du communiste Jean-Paul Lecoq avec 33,25 %. Politico annonce qu'il semble bien placé pour la présidentielle à venir.
Les tendances s'annoncent favorables pour l'extrême droite, avec le Rassemblement national qui pourrait réaliser de bonnes performances dans des villes comme Toulon et Nîmes, avec des candidats proches du RN en tête.
Le président du RN, Jordan Bardella, s'est réjoui des réélections de plusieurs maires de son parti, déclarant : "Les Français ont répondu présents." À Hénin-Beaumont, la maire sortante a été réélue avec 78 % des voix.
L’Insoumis Guiraud largement en tête à Roubaix
À Lille, une bataille serrée s'engage entre le candidat union de la gauche Arnaud Deslandes et l'Insoumise Lahouaria Addouche. À Roubaix, David Guiraud de La France insoumise domine largement avec une estimation de 46,5 %, accueillie favorablement par le coordinateur national, Manuel Bompard.
Les résultats des trois plus grandes villes, Paris, Lyon et Marseille, sont également très attendus. À Paris, les premières estimations mettent Emmanuel Grégoire en tête (36,5 %), suivi de Rachida Dati et de Sophia Chikirou.
À Lyon, le maire écologiste Grégory Doucet et Jean-Michel Aulas luttent à égalité (37,5 % chacun), tandis qu'à Marseille, Benoît Payan et Franck Allisio sont proches avec 35,4 %.
Un entre-deux-tours décisif
Les jours à venir joueront un rôle déterminant quant à la configuration pour le second tour, souligne le quotidien suisse Le Temps. Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a d'ores et déjà annoncé qu'il n'y aurait "pas d'accord national avec LFI, que ce soit au premier ou au second tour".
Les thèmes de cette campagne sont restés locaux, comme l'indique The Guardian, bien que leurs conséquences pourraient avoir un poids significatif sur la composition politique future du pays. Le RN, traditionnellement en difficulté sur le plan municipal, semble inchangé dans ses ambitions, qu'il entend transformer en gains électoraux.
Le scrutin s'est déroulé dans un climat politique tendu, avec des enjeux hautement symboliques. "La mobilisation pourrait être affectée par des facteurs extérieurs comme la guerre au Moyen-Orient", commente Le Temps.







