En visite d'État à Washington le 28 avril, Charles III a réussi à allier convivialité et messages diplomatiques à l'égard de Donald Trump. Accueilli avec tous les honneurs par le président américain, il a prononcé un discours devant le Congrès, une première depuis 1991, et a ensuite partagé un dîner à la Maison Blanche avec Trump.
Malgré leur apparente complicité, des analyses du New York Times ont révélé des critiques voilées dans les paroles du roi. Selon Ludivine Gilli, directrice de l'observatoire de l'Amérique du Nord à la Fondation Jean-Jaurès, bien que la tradition royale impose une neutralité politique, le discours de Charles III a été soigneusement préparé pour inclure des messages implicites. « Son discours à l'étranger doit se faire avec une grande délicatesse, jonglant entre le désir de ne pas froisser les autorités américaines et celui de faire passer des messages grâce à l'admiration que Trump porte à la monarchie britannique », indique l'experte.
Dans son discours, Charles III a rappelé l'importance de la « relation spéciale » entre les États-Unis et le Royaume-Uni, soulignant que celles-ci ne peuvent s'appuyer sur les réussites passées. « Les défis que nous rencontrons exigent une coopération étroite, sans se laisser séduire par l'envie de repli sur soi », a-t-il averti, un message qui pourrait faire écho aux politiques isolationnistes de Trump.
Des critiques voilées envers l'administration Trump
Le roi a aussi abordé la guerre en Ukraine, un sujet de tension récurrent entre Washington et ses alliés européens. Alors que le soutien américain à l'Ukraine a diminué avec Trump, Charles III a appelé le Congrès à faire preuve « d'une détermination sans faille » dans la défense de l'Ukraine, plaidant pour une « paix juste et durable » avec la Russie.
Charles III a insisté sur le rôle essentiel de l'OTAN, rappelant un engagement historique post-11 septembre que Trump a souvent remis en question. Il a conclu en évoquant la Magna Carta, soulignant que les principes fondamentaux de la démocratie doivent prévaloir face à toute forme d'abus de pouvoir. Comme l'a souligné Human Rights Watch, les principes de séparation des pouvoirs ont connu des tensions durant l'administration Trump.
« Il y a une certaine ironie à voir un monarque critiquer un président pour ses abus de pouvoir », a noté Ludivine Gilli.
Alors que la visite se terminait, il était clair que derrière le dialogue courtois se cachait un enjeu diplomatique nécessaire pour préserver l'entente entre deux puissances.







